Le ministre des Finances et du Développement économique, Pravind Jugnauth, a plaidé ce matin pour un accord commercial solide entre l’Inde et Maurice, exhortant également les entreprises et investisseurs de la Grande Péninsule à prendre avantage des multiples opportunités que leur offre la plateforme mauricienne pour développer leurs opérations en Afrique. C’était lors de la première session du forum de partenariat global Inde-Maurice, qui se tient à l’hôtel Intercontinental, Balaclava, et organisé par l’India Mauritius Trade and Cultural Friendship Forum.
Pravind Jugnauth a indiqué que l’Inde a toujours été un des principaux partenaires commerciaux de Maurice et qu’en 2015 environ 18 % de nos importations, dont un volume important de matières premières, sont venues de la Grande Péninsule. Cependant, a observé le ministre des Finances, les exportations mauriciennes vers l’Inde ont historiquement connu une certaine limitation. Maurice, a-t-il poursuivi, souhaite pouvoir augmenter ses exportations vers ce pays et croit fermement qu’un accord commercial bilatéral solide faisant, entre autres, provision pour des réductions tarifaires serait mutuellement bénéfique. Pravind Jugnauth est d’avis que le moment est propice pour une réflexion profonde sur les voies et moyens pouvant contribuer à un accroissement des échanges commerciaux et des investissements entre les deux pays.
Tout en soulignant que les relations indo-mauriciennes ont toujours été fortes et spéciales, le ministre des Finances a soutenu que Maurice a beaucoup à offrir aux entreprises indiennes voulant investir dans son économie domestique aussi bien qu’en Inde. Mettant l’accent sur la résilience et la stabilité de l’économie mauricienne, il a argué que Maurice, avec sa stabilité politique et son cadre de facilitation des affaires, peut servir de passerelle stratégique avec l’Inde. L’engagement du gouvernement mauricien à relier les continents asiatique et africain, dit-il, est reflété dans l’introduction d’un corridor aérien. « In doing so, we are taking the bold steps needed to become a regional aviation hub », a-t-il ajouté.
Pravind Jugnauth s’est appesanti sur les opportunités créées par l’appartenance de Maurice à la SADC, au COMESA et également en tant que pays bénéficiaire de l’AGOA. Maurice est une porte d’entrée sur le marché africain appelée à s’épanouir pour atteindre un niveau de consommation de l’ordre de 1 400 milliards de dollars en 2020. Le ministre a invité les entreprises indiennes à être parties prenantes du développement de zones économiques spéciales que Maurice a l’intention de créer en partenariat avec des États africains. Disposant d’une plateforme financière bien réglementée, Maurice, a affirmé le ministre, peut servir de base pour la création et les opérations des quartiers généraux régionaux des grosses entreprises indiennes tournées vers l’Afrique subsaharienne.
Le Grand argentier a vanté les mérites du centre financier mauricien, estimant que le traité de non-double imposition qui a été renégocié avec les autorités indiennes « will open up new opportunities thay will reaffirm Mauritius as an attractive jurisdiction ». Dans le même ordre d’idées, il a souligné que Maurice a signé plusieurs accords de non-double imposition ainsi que des accords de promotion et de protection des investissements avec des pays africains. Il est d’opinion que les investisseurs se doivent de prendre avantage de ce réseau d’accords.
Par ailleurs, Pravind Jugnauth a fait un survol des opportunités d’affaires dans différents secteurs économiques dont ceux des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de l’économie bleue, du port franc, de l’industrie cinématographique, des PME, de l’écotourisme et du tourisme médical, de l’agriculture et de l’éducation.