Arnaud Gras, le directeur général de la firme Blissful Concept Ltd, est le tout premier directeur d’entreprise à avoir signé la nouvelle Charte environnementale de la Chambre de commerce et d’industrie France-Maurice. C’était hier à l’Institut français de Maurice (IFM), Rose-Hill, lors du lancement de cette charte en présence du ministre de l’Environnement, Raj Dayal, de l’ambassadeur de France à Maurice, Laurent Garnier, du président de la Chambre, Denis Lacour, du responsable de Commission environnement de la CCIFM, Fréderic Romann, entre autres.
Dans son discours de circonstance, l’ambassadeur de France à Maurice, Laurent Garnier, a élaboré sur la relation entre les entreprises et le climat. Citant le témoignage de Paul Polman, CEO de la firme internationale Unilever, à la Conférence des ambassadeurs en août dernier en France, il a affirmé que de plus en plus, les chefs d’entreprise de par le monde sont conscients des enjeux du dérèglement climatique. « L’entreprise est créatrice de solutions. Dans le langage de la COP21 on parle de l’Agenda des Solutions, c’est-à-dire de toutes ces solutions, ces pratiques pour “décarboniser” nos activités », a-t-il indiqué. La COP21 est la 21e Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changement Climatiques qui se tient à Paris (France) du 30 novembre au 11 décembre prochains.
Dans ce contexte, a poursuivi le diplomate, la COP21 réservera une place importante à la société civile, dont font parties les entreprises, les ONG et les associations citoyennes, pour présenter leurs innovations en matière de lutte contre le dérèglement climatique.
Évoquant les Trophées de l’Environnement, concours organisé annuellement par la CCIFM pour récompenser les meilleures pratiques environnementales des entreprises membres de la CCIFM, Laurent Garnier a salué l’engagement de la Chambre pour la promotion de la préservation de l’environnement.
Profitant de la présence de l’ambassadeur de France, Raj Dayal a pour sa part remercié la France pour son expertise technique et financière dans l’élaboration de la « contribution nationale » de Maurice qui sera soumise avant le 1er octobre prochain à la COP21. Une contribution nationale ou INDC (Intended Nationally Determined Contribution) est un document contenant les objectifs que se fixe un État pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (dont les émissions de carbone) d’ici 2025. « Les Petits États insulaires en développement (PEID) comme Maurice ont besoin de l’aide technologique et financière des pays développés pour mettre en oeuvre les mesures d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Le dérèglement climatique va sinon avoir des conséquences désastreuses en termes de vie humaine et en termes de destruction des infrastructures sociales », a-t-il prévenu.
Le matin même, à l’Intercontinental Mauritius Resort, Balaclava, à l’ouverture d’un atelier de validation de l’INDC de Maurice, Raj Dayal a révélé que la mise en oeuvre des mesures de ce plan de lutte contre le changement climatique coûtera quelque Rs 235 milliards à l’État mauricien.
Le ministre s’est félicité par ailleurs que les six axes environnementaux prioritaires (voir encadré) de la Charte de la CCIFM s’alignent sur les objectifs du gouvernement en matière de développement durable.
Le président de la CCIFM, Denis Lacour, a pour sa part expliqué que la Charte a pour but d’aider ses membres à réduire leur empreinte écologique. « C’est en fait un manuel qui donne des pistes pour réduire, grâce à des gestes simples, l’empreinte que nous laissons sur la planète et permettre une meilleure gestion des ressources de celle-ci afin de laisser aux générations futures une planète la plus vivable possible », a-t-il expliqué.
Le responsable de Commission environnement de la CCIFM, Fréderic Romann, a ensuite présenté la Charte Environnementale de la CCIFM. « En signant cette Charte, les entreprises membres de la CCIFM acceptent de participer à un effort commun de prise de conscience, d’analyse et d’actions concrètes afin de faire évoluer leur engagement environnemental. L’objectif premier étant la mise en place d’au moins une action concrète et mesurable. Chaque année les meilleurs projets sont récompensés par les trophées de l’environnement », a-t-il indiqué. Il a ensuite invité les chefs d’entreprises présents à signer la Charte.