Une émigration tamoule significative vers l’lle de France est notée au 18ème et 19ème siècle sous les gouvernements français et britannique. Nombreux sont ceux qui étaient engagés comme ouvriers et artisans; à peu près à la même époque des négociants tamouls ont également émigré pour le commerce. Les Tamouls libres sont notamment des maçons, des tailleurs de pierre, des orfèvres, des charpentiers de marine, et des fonctionnaires. Les négociants tamouls ont joué un rôle important dans le développement du commerce à l’Ile de France. De 1834 à 1870, les Tamouls établirent leur religion sur des bases solides avec des temples dans les régions rurales et urbaines. Un exemple typique de ces temples est Ama Toukay à Camp-Diable. Les membres de la diaspora tamoule d’aujourd’hui sont en mesure de retrouver leurs racines et de renouer avec leurs origines.
La période française
Le commerce à l’Ile de France commença avec l’implantation de la Compagnie des Indes en 1721. Le port n’était fréquenté que par des vaisseaux de la Compagnie portant des objets indispensables à la consommation des habitants. Ce n’est que sous le gouvernement royal, plus libéral, que Port-Louis est devenu un port franc et les navires étrangers y affluèrent. Après 1785, le mouvement maritime s’accrut dans des proportions encore plus considérables. Même la révolution n’interrompit pas le commerce à l’IIe de France.
La présence des négociants et artisans tamouls remonte à 1729. D’après certaines sources, il n’y avait pas moins de quarante négociants à Port-Louis. Ce nombre a augmenté vers 1795. Les marchands en comestibles, toiles, quincaillerie et modes étaient plus nombreux et tous les locaux qui pouvaient être transformés en entrepôts regorgeaient de marchandises. L’habitant du golfe Persique y apportait les plus rares objets, l’arabe de Mascate vendait des fruits confits et amandes. Certains vieux bâtiments portaient encore les noms ou dates en tamil.
Des armateurs de l’Inde venaient y échanger des toiles, et autres produits contre des vins, quelques objets manufacturés. Toutefois, ces armateurs enlevaient du numéraire ne revenait jamais dans la colonie. Pour compenser, les Européens venaient avec les vins, et du numéraire et ils prenaient, en échange les marchandises de l’Inde et les denrées, les cafés et les épiceries de la colonie. Mahé de Labourdonnais “wished to make it an entrepot for our commerce and the bulwark of our settlements in India”. (1) Même pendant la période d’hostilité, le commerce ne ralentit pas. En période de guerre, le port connaissait une prospérité encore plus grande qu’en temps de paix et devenait ce premier entrepôt de l’océan Indien dont avait rêvé Labourdonnais. Le dessinateur Milbert a donné une idée de ce qu’était alors cette activité. “Pendant la courte durée de la paix, écrit-il, j’ai vu la rade et le port couverts de navires.” (2) Vers la fin du 18ème siècle, des colporteurs, démarcheurs et autres qui travaillaient à leur propre compte émergent de la communauté indienne. On recense un nombre élevé de commerçants tamouls notamment Louis Ramsamy, Appavou, V. Annassamy, Sinnatambou Chetty, A. Arlanda et d’autres.