Alain Bertrand, de l’Union Populaire, est monté au créneau après l’annonce d’une alliance entre le MMM et le Ptr. Il explique sans détour que son parti réprouve, sans équivoque, l’alliance annoncée entre le principal parti de l’opposition parlementaire et le régime au pouvoir.
« Ce projet d’alliance électoraliste, qui est à l’origine de la paralysie du fonctionnement démocratique de la République mauricienne depuis des mois, ne peut sous aucun prétexte être considéré comme allant dans l’intérêt de la démocratie, de l’électorat et du pays en général. » Alain Bertrand s’interroge aussi sur la validité et la pertinence de la représentation du peuple au Parlement. « Il en découle le sentiment que notre droit ultime de citoyens démocrates a été pris en otage par deux usurpateurs politiques qui ne seraient uniquement intéressés que par leur dessein personnel. » Les Mauriciens, estime-t-il, ont voté pour une majorité et une opposition parlementaires. De fait, il va de soi, selon lui, que « le respect de cet électorat requiert que toute tractation de rapprochement », de leur part, se fasse hors des mandats en cours. « On ne peut accepter que nos parlementaires aient décidé de fermer le Parlement pour se donner le temps nécessaire de fignoler leur accord électoraliste. Dans la société civile, de tels agissements relèveraient du complot et du manquement professionnel, passibles de sanctions graves, voire pénales. »
Alain Bertrand qualifie cette alliance de « haute trahison » et déplore, avec  force, les « attitudes de mépris » de la part de Paul Bérenger et Navin Ramgoolam à l’égard des partisans, des sympathisants de leur parti et de la nation mauricienne en général. « Nous y voyons un acte de haute trahison envers le peuple de Maurice, du fait que ce fallacieux projet se concrétise avant même la dissolution du Parlement, hors des clous de l’éthique politique ! Nous voyons en ce désir d’alliance l’énorme soif de pouvoir qui anime les leaders des supposés plus grands partis politiques du pays. Dans ce contexte, l’Union Populaire trouve que cette dérive politique, à la limite du démocratiquement correct, est dangereusement pernicieuse dans le sens où elle ouvrirait les portes et déroulerait le tapis rouge pour une nouvelle forme de gouvernement totalitaire. »
Poursuivant que le gouvernement actuel « n’a plus le droit moral de gouverner » la République de Maurice et qu’il « doit démissionner », et ce pour amener le Président de la République à appeler officiellement les Mauriciens aux urnes. Il ne s’agit effectivement pas d’une fin de mandat conventionnelle, estime-t-il. « Dans l’éventualité d’un appel aux urnes, en tant que parti politique, nous exigerons que cela soit fait dans le respect des nouveaux partis, car nous croyons fortement que toute élection pleinement démocratique doit se faire en donnant les chances égales à toutes les parties prenantes. L’Union Populaire se réserve d’ailleurs le droit de contester légalement toute décision du gouvernement actuel, d’organiser de manière abusivement hâtive des élections générales, comme ce fut le cas pour les dernières élections régionales. »