L’incendie déclaré, samedi dernier, dans plusieurs monticules d’ordures au Solid Waste Recycling Ltd à la Chaumière donne du fil à retordre aux pompiers. À hier soir, le sinistre, qui n’a causé aucun dégât matériel ni de perte humaine, n’avait pas encore été circonscrit. Au-delà des inconvénients causés par la fumée épaisse qui obscurcit le ciel et rend l’air irrespirable, des planteurs de Plaisance/La Ferme Mix Farming Cooperative Society crient au désastre, affirmant que leurs plantations de fruits et légumes directement exposées à la chaleur sont en train de mourir.
Si les 12 planteurs de cette Coopérative, à travers leur secrétaire Joseph Duval, ont fait preuve de compréhension et de patience à toute épreuve, tel n’est plus le cas depuis vendredi. Le nuage d’épaisse fumée qui plane sur une partie de La Chaumière depuis samedi dernier semble ne pas faiblir. À tel point que la montagne du Corps de Garde se perd totalement dans ce décor sinistre. Pour mieux saisir les dégâts, Joseph Duval montre ses plants d’ail et d’oignons desséchés par la chaleur émanant du combustible. Sa plus grande crainte, dit-il, reste les plants d’oignons qui ont nécessité un investissement de plus de Rs 50,000. «C’est bien la première fois qu’une chose aussi terrible arrive. Nous nous demandons quelles en seront les conséquences», lâche-t-il. Même son de cloche du côté de Curtis Malbrook. Cet autre planteur confesse qu’il n’arrive plus à tenir dans les champs à tel point que ses employés ont dû rentrer chez eux et reporter les travaux.
Bien qu’il soit à côté de l’usine, le poulailler appartenant à la famille Fokeer est le seul à ne pas être touché. Le gérant, Prakash Fokeer, a toutefois eu droit à son lot d’angoisse en début de semaine. «Au deuxième jour, j’ai cru que le vent allait répandre le feu du côté de mon élevage mais heureusement, tel n’a pas été le cas», dit-il, visiblement soulagé.
Inquiets, les planteurs ont fini par alerter, en fin de semaine, les officiers du ministère de l’Environnement et l’Agricultural Research Extention Unit (AREU) du ministère des Bois et Forêts. Ces derniers, nous dit-on, se sont rendus, vendredi, sur les lieux pour un constat de visu. Une Programme Notice remise en main propre, vendredi soir, a été servie au Managing Director, Patrick Maurel. Le ministère de l’Environnement lui demande de soumettre un written report, au plus tard mardi 30 juillet, pour indiquer quelles sont les mesures qu’il compte entreprendre à court terme pour combattre ce feu et ensuite à long terme pour éviter un tel sinistre. Les planteurs laissent entendre qu’ils sont dans l’attente du rapport de l’AREU pour décider s’il faut ou non engager des poursuites judiciaires contre l’usine.
C’est samedi après-midi que le feu s’est déclaré, explique Patrick Maurel, directeur de Solid Waste Recycling Ltd  à Week-End:  «Il n’y avait que peu d’employés sur le site puisque nous travaillons presque 24h sur 24. En trois ans d’opération, c’est bien la première fois qu’une chose pareille arrive. C’est pour moi un acte purement criminel.»