Forces Vives et pêcheurs de Rivière Noire manifestent leur désaccord, pour la deuxième fois, en raison d’une partie des travaux qu’entreprend actuellement ENL Property pour son projet de développement immobilier Integrated Resort Scheme (IRS), de la Balise Marina.
Si leurs doléances portaient principalement sur la menace que représentent ces travaux sur la faune et la flore et aux « modifications qu’avaient apportées le promoteur dans son Enviromental Impact Assessment (EIA) », ils déplorent cette fois, que des travaux sont effectués pour le compte de West Island Resort Ltd. Cela alors même qu’aucune consultation publique n’ait eu lieu, au préalable. Pis encore: le EIA Report, soumis au ministère de l’Environnement, le 7 juillet peut encore être contesté, selon eux et ils ont jusqu’au 5 août prochain pour le faire.
Forces Vives et pêcheurs n’en démordent pas : « Trop, c’est trop », disent-ils. Si les contestataires, par le biais du président des Forces Vives, Soopaya Veerapen, soutiennent que ces travaux ont lieu dans un « barachois » qui relève du domaine public, les autorités et le promoteur, eux, disent que ce n’est pas le cas.
Pas moins de cinq dépositions ont été faites au poste de police de Rivière Noire par les Forces Vives. « Le 22,  23, 24, 25 et 27 juillet, mon fer déposition Fisheries Post Rivière-Noire, Coast Guard, Station ek monn finn tourne vers nou océanographe Vassen Kauppaymuthoo », indique Soopaya Veerapen. Les protestataire disent que le lundi 22 juillet, des officiers du ministère de la Pêche avait ordonné l’arrêt des travaux qui ont repris le lendemain.
Dans une correspondance adressée à Week-End, Vassen Kauppaymuthoo confirme les propos de Soopaya Veerapen. « Des policiers sont venus sur place vers 9 h, le lundi 22 juillet, pour constater les dégâts et stopper les travaux. Mais nous avons appris, par la suite, qu’une autre réunion avait eu lieu sans les habitants et les pêcheurs de l’endroit, toujours avec les autorités et les promoteurs, pour donner le feu vert », écrit-il. Pour l’ingénieur en environnement et océanographe, c’est un manque de transparence qui soulève des interrogations. « Comment cette réunion, a-t-elle pu avoir lieu sans les habitants? », se demande Vassen Kauppaymuthoo.
Les constructeurs, écrit-il, ont alors présenté une série de « permis », dont une lettre de non objection émanant du ministère de l’Agro-Industrie en date du 9 juillet 2009, spécifiant que des travaux pourraient être effectués le long des berges de la Grande-Riviere-Noire. Ces travaux consistent en des constructions, d’excavation et de revêtement. Or, Vassen Kauppaymuthoo maintien que ces travaux sont effectués dans un barachois, et non le long de la rivière, ce qui relève du domaine public! Pour preuve, dit-il, l’eau est salée, et des animaux marins y vivent. « Les promoteurs essaient-ils de contourner la loi en déclarant que la zone des travaux se trouve dans la rivière, une rivière salée? », s’interroge-t-il.
Contacté au téléphone vendredi, le directeur de la Balise Marina, Dominique Dupont, explique que les travaux ne sont pas effectués dans un « barachois, mais dans un affluent ». « Ce que les pêcheurs appellent en fait un barachois est en réalité un cours d’eau connu comme le feeder de St-Martin », dit-il. West Island Resort Ltd, explique notre interlocuteur, a soumis un EIA Report pour un développement Real Estate Scheme (RES), sur une portion de terre qui appartient au Dolphin Coast Marina Estate. « Notre EIA, c’est-à-dire le EIA licence que possède La Balise Marina nous autorise à pratiquer des revêtements de pierres. Nous préparons le terrain pour que West Island Resort ltd puisse construire ses villas. Et nous avons tous les permis pour cela. Nous prenons également toutes les précautions qui s’imposent, dont le Geo textile, comme le recommande le EIA licence », soutient-il. Si nous n’avons pu avoir une version officielle du ministère de l’Environnement sur le sujet, une source nous a toutefois déclarés que le site n’est pas un barachois mais un terrain privé. Il ne disposait pas plus d’informations.
Les Forces Vives et pêcheurs ne l’entendent pas de cette oreille. Aucune communication, disent-ils, n’a été faite. « Plusieurs lettres ont été envoyées en fin de semaine pour alerter les autorités, dont le ministère de l’Environnement et le ministère de la Pêche », indique Soopaya Verrapen. Les protestataires prévoient également une manifestation la semaine prochaine. Ils attendent que leur requête soit avalisée par le commissaire de Police. Ils ont également retenu les services d’un avocat, affirment-ils.