Dimanche dernier, un concours de régate a fait naviguer professionnels et amateurs dans le lagon de Mahébourg. Nous nous sommes intéressés à ces derniers car avec peu de moyens et beaucoup de passion pour ce sport, ils nous ont offert un belle compétition. Les participants venaient des quatre coins de l’île. L’objectif de cette compétition, organisée par le Mahebourg Yachting Sports Club (MYSC) et sponsorisée par Blue Marlin, est de promouvoir la régate traditionnelle à Maurice. Nous avons suivi la première course à bord d’un speed boat.
Le cadre est idyllique, la météo parfaite. Les trois courses de la Blue Marlin National Regatta se tiennent dans le plus grand lagon de Maurice, la Pointe des Régates. Le public s’est déplacé en grand nombre pour assister à cette compétition nationale. D’abord limitée à la région mahébourgeoise, la course des régates devient cette année l’affaire de toutes les régions de l’île. Pour le MYSC, c’est la compétition la plus importante de cette année.
Il est 11h. La marque Blue Marlin affiche ses couleurs, partout: il est le principal sponsor ayant aidé au financement de cet événement. Mais pas question pour les compétiteurs d’en consommer. La première course, celle des « amirés » va bientôt commencé. Le terme « amiré » (propre à l’île Maurice) désigne des embarcations à voiles traditionnelles. Pendant longtemps, les pêcheurs ont navigué et pêché sur ce type d’embarcation. Pour cette course, chaque bateau a été l’objet d’une grande et minutieuse préparation pour une bonne performance. Les participants venant de Grand-Gaube, Roches-Noires, Grand-Baie et ailleurs, ont transporté leurs bateaux sur des camions ou sur des remorques. Une foule de curieux, ravis de voir les plages envahies par ces petits bateaux, s’amasse autour des compétiteurs. Sans en excepter les enfants pour qui pareil spectacle est un émerveillement. D’abord, la mise à l’eau, puis l’installation des voiles et des mâts. Sous des arbres, des marchands préparent des beignets et autres gâteaux. Tout se déroule dans une ambiance conviviale.
25 embarcations se sont alignées sur la ligne de départ, à Mouchoir Rouge, pour une course de plus d’une heure et demi. À leur bord 4 à 5 membres d’équipage se préparent. Certains commencent à mouiller leur voile en les aspergeant d’eau, cela permet d’obtenir une propulsion maximale.
Une timide présence du vent marin a permis de lancer la première course des « amirés » pour un parcours long de 45km dans le lagon. Beau départ pour  La Farandole, suivie du Lovely, St-Michel, Calypso, Anilesh, Nissan. La course se déroulera en plusieurs étapes tout autour du lagon. Les embarcations multicolores filent à toute allure dès que le vent se met à souffler et on entendra souvent des termes comme « vent au près », « vent arrière », « vent de travers » ou « vent arrière », qui comme on peut s’en rendre compte, indiquent la direction où souffle le vent par rapport aux bateaux. Et quand le capitaine se met à crier : « Être au vent » à son équipage, cela indique un vent favorable et, par suite, une vitesse accrue du bateau.
« Aujourd’hui pu nu c’est comme ène le course maiden», nous dit Indiren Armoogum, vice-président de Mahebourg Yachting Sports Club (MYSC), club organisateur de l’événement, très heureux du temps venteux qu’il fait ce jour-là à Mahébourg. Il s’agit d’une épreuve visuellement très belle, aussi. De temps en temps, on voit l’équipage aspergeant leur voile d’eau. L’eau turquoise dans le lagon et les chaînes de montagnes offrent des variations de couleurs impressionnantes. En tête de la course, Le Calypso, bénéficiant d’un « être au vent » inattendu et dans lequel s’affaire promptement l’équipage qui dresse les mâts de l’embarcation en direction du vent qui le mènera vers une victoire certaine grâce au parfait accord qui a régné entre le capitaine et son équipe. Pour cette première course dans la catégorie des « amirés », Calypso (de Mahébourg) donc a remporté la première place et un prix de Rs 2000, juste devant le Anilesh (Rs 1500) et Nissan (Rs 1000).
En quête de sponsors
Le comité d’organisation qui est responsable au sein du club organisateur du bon déroulement de la régate, est satisfait. Depuis 2010, ils ont établi un calendrier annuel et cherche des compagnies privées pour les aider à réaliser cette compétition nationale. « Sans bane sponsors, bane pirogues qui coûte près Rs 150 000 ti pu continué pourri enbas pié badamier », nous dit le président Marco Alphonse. Organiser une course de régates, c’est tout un travail d’organisation: « D’abord, il nous faut avoir l’autorisation de la police, le soutien du Coast guard, la permission de la SPDC, puis organiser la formation d’une équipe de pirogue de sécurité, formation d’une équipe de juge de courses, des licences à des barreurs professionnels. Les barreurs, c’est comme avoir un permis de conduire. Pas de licence, pas le droit de manoeuvrer une pirogue », dit-il. Le président du MYSC déplore que, « nous ne recevons aucune allocation ou grant du gouvernement et aucun soutien du Mauritius Yachting Association. Dépi 10 ans nu pé ramé, c’est le cas de le dire », dit-il. Dans le but d’assister les membres du club, ce dernier a adressé une lettre au Ministère des Finances afin de réduire la taxe sur les tissus de voile ainsi que sur les gilets de sauvetage.