En attendant l’arrivée de la mission du Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre des Article IV Consultations sur l’économie, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur deux paramètres. En effet, le ralentissement de la croissance économique a réduit les recettes fiscales de l’Etat et a augmenté le montant de la dette publique l’année dernière. C’est ce qui ressort de la dernière revue de l’état de l’économie par cette institution internationale, dont la mission, dirigée par Mark Lundell, Country Director pour Maurice, a eu des consultations, au cours de la semaine écoulée.Commentant les effets du ralentissement économique, la Banque mondiale révèle sur son Website que “the economic slowdown in 2014 led to reduced tax collection and increased public debt.  Tax collection slowed to 20.6% of GDP compared to projected rate of 22.2% of GDP. This was particularly the case for income and profit taxes (4.2%) compared to the projected 4.4% of GDP) and VAT (11.3% compared to the projected 12.5%).” La confirmation de cette tendance devra être obtenue avec la conclusion ces jours-ci de l’exercice de soumission des Income Tax Returns à la Mauritius Revenue Authority (MRA) pour la période se terminant au 30 juin dernier.
Le niveau d’endettement public préoccupe également la Banque mondiale qui concède que “the 2015 public budget will not consolidate public debt, and achieving the 2018 debt target will require relatively large fiscal consolidation measures moving forward”. L’année dernière a vu la dette grimper à une pointe de 61,5% du PIB pour redescendre à 58,6% cette année même si “debt as a share of GDP for the purpose of the debt ceiling is expected to be contained at 54.2% in 2015 based on assumptions for high economic growth and cheap financing”.
D’un point de vue général, la Banque mondiale ajoute que “the economy registered a GDP growth rate of 3.5% in 2014, below initial projections of 3.7 to 4.0% due to the poor performance of the construction sector which declined by 6.4%, and the textile sector which grew around 1.5%.”
D’autre part, le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a eu, mardi, une séance de travail avec une mission de la Banque mondiale, menée par Mark Lundell, Country Director pour Maurice. Les principaux dossiers à l’ordre du jour étaient l’économie océanique, la production énergétique, la réforme de la scolarité et l’introduction du Nine-Year Schooling, la gestion de la dette publique et la mise en place d’un Technology Park à Tema, au Ghana.
Lors des échanges, la partie mauricienne a sollicité l’assistance technique et financière de la Banque mondiale pour la mise à exécution d’initiatives stratégiques identifiées dans le budget 2015/16, dont l’intégration régionale et la politique de rapprochement avec l’Afrique.
Maurice compte s’appuyer sur l’aide technique de l’International Finance Corporation (IFC), une filiale de la Banque mondiale, pour la création du Ghana Fund, assurant le développement du Technology Park de Tema. La Multilateral Investment Guarantee Agency (MIGA), institution du BM qui couvre les risques politiques touchant aux investissements privés transfrontaliers, sera également approchée dans le cadre de ce même projet.