“Éna enn bombe lor Bagatelle Dam” avait brièvement lâché Paul Bérenger, vendredi, au rassemblement du remake à Belle-Rose, alors qu’il abordait les problèmes de l’heure dont celui des coupures de la distribution d’eau. Week-End a voulu en savoir plus auprès du leader du MMM qui nous a envoyé creuser auprès du chantier de construction du barrage de Bagatelle.
Bien que ceux directement concernés par ce dossier ont été très avares d’explications, quelques sources fi ables nous ont néanmoins indiqué que le problème est extrêmement grave et que les travaux sur le chantier ont carrément stoppé, que le contracteur, la China International Water Electric est, en conséquence, lourdement dédommagé sur une base quotidienne, comme le stipule le contrat passé avec les autorités mauriciennes.
Quant à la raison de cet arrêt sur ce chantier au coût de Rs 3,3 milliards et qui est censé régler le problème d’approvisionnement en eau dans les parties les plus affectées de l’île, des informations plus d’une fois recoupées indiquent que c’est le caractère poreux du sol qui l’a provoqué. Cette affaire de “unsuitability of soil” avait été reconnue par le vice-PM et ministre des services Publics, le 24 avril dernier, alors qu’il était interrogé par le député de l’opposition, le Dr Raffi ck Sorefan, qui avait alors rassuré que des alternatives étaient étudiées.
Or, les choses ont pris une tournure bien inquiétante, ces derniers temps, avec l’obligation pour le contracteur de mettre un terme immédiat à la construction du barrage, le sol étant résolument inadéquat quand bien même des tentatives de contourner le problème – comme l’ajout de couches bétonnées – ont été entreprises.
C’est, donc, un vent de panique qui souffl e sur tous ceux concernés par ce chantier, d’autant que les voies de sortie de crise ne sont pas nombreuses. Les plus optimistes évoquent un surcoût devant totaliser jusqu’à Rs 5 à Rs 6 milliards pour la mise à conformité du sol avant de pouvoir songer à l’avancement des travaux, alors que les plus pessimistes que nous avons contactés vont jusqu’à envisager un abandon pur et simple de ce site. En tout cas, le scénario catastrophe est inévitable.
Ce projet, qui avait déjà été étudié 2005, avait été relancé en 2009 au plus fort des diffi cultés rencontrées par la distribution d’eau. Une fi rme française très réputée Coyne & Bellier avait été sélectionnée après un appel d’offres international pour les études géologiques en partenariat avec un consultant local.
Le 12 avril 2011, il y avait eu une Private Notice Question du leader de l’opposition d’alors, Paul Béranger, sur ce dossier, et ce, alors qu’il se confi rmait que le projet irait à un seul contracteur. Dans sa réponse, Rashid Beebeejaun avait expliqué que le projet bénéfi ciant d’un prêt préférentiel de la Chine, la compagnie la mieux indiquée pour ce type de chantier, était la China International Water Electric, alors que le leader de l’opposition avait fait valoir que l’appel d’offres en vue d’obtenir le meilleur prix pour le pays aurait pu avoir, à tout le moins, été restreint aux compagnies chinoises.
S’était, alors, aussi posée la question du coût, l’unique contracteur ayant coté une offre de Rs 3,4 milliards, alors que le ministère des Services publics avait estimé le chantier à Rs 3,1 millards. Le contrat fut fi nalement alloué à la China International Water Electric, le 3 juin 2011, pour Rs 3,3 milliards.