Suite à la demande du groupe Currimjee auprès du District Council de Grand-Port pour un Building and Land Use Permit afin de commencer le projet hôtelier du Chaland Resort, les écologistes d’EcoSud, du Mouvma Sov Nu La Plaz et du Forum des Citoyens Libres (FCL), entre autres, invitent le public mauricien à déposer une lettre d’objection contre ce projet auprès de ce conseil de district. Ils ont jusqu’au jeudi 23 juillet pour le faire.
« D’après la loi, les membres du public ont 15 jours pour loger une objection contre l’octroi d’un Building and Land Use Permit (BLP). Le groupe Currimjee Jeewanjee avait mis une notice dans les journaux le 9 juillet, demandant ce BLP. Le public a donc jusqu’à jeudi prochain 23 juillet, pour loger une objection contre ce projet hôtelier », a expliqué au Mauricien le vice-président d’EcoSud, Sébastien Sauvage. Et celui-ci d’affirmer qu’il faut par conséquent déposer une lettre d’objection auprès du District Council de Grand-Port, basé à Rose-Belle, à cette date au plus tard. « Les Mauriciens peuvent télécharger une copie de cette lettre d’objection que la plateforme Aret Kokin Nou Laplaz a préparée sur notre page Facebook », ajoute-t-il.
Notre interlocuteur explique que, quand il reçoit des objections contre un projet, le DC est tenu par la loi de tenir une « public hearing » (audience publique) avec toutes les personnes ayant logé une objection et d’y convier le promoteur. « Vous n’êtes pas obligés de vous rendre à cette « public hearing ». Mais si vous y allez, c’est mieux. Cependant, le fait d’avoir des centaines de lettres d’objection au District Council aura un impact majeur certain. Plus il y a d’objections, plus il y a possibilité de bloquer ce projet si néfaste contre l’écosystème du parc marin de Blue Bay et contre l’espace public ». Et de faire ressortir que même si le groupe Currimjee Jeewanjee obtient son BLP, il leur est possible de faire appel. « Et nous le ferons ! », prévient-il.
Sébastien Sauvage soutient que la plateforme Aret Kokin Nou Laplaz s’oppose au projet Le Chaland Resort pour plusieurs raisons : d’abord, ce projet vient diminuer l’espace public, en l’occurrence la plage publique de La Cambuse, de deux arpents. « C’est un affront de dire aux Mauriciens que la plage sera étendue et rénovée, car en fait le public perdra approximativement 60 m de plage publique », avance-t-il. Aussi, la plateforme s’interroge sur les circonstances entourant l’octroi par le gouvernement de Navin Ramgoolam, de 19 arpents sur les 31 arpents de Defence Lands à un promoteur privé. « Le gouvernement de l’Alliance Lepep a le devoir de faire une enquête pour éclairer l’opinion publique sur les circonstances ayant mené le gouvernement d’alors à céder à des intérêts privés des terres dédiées à notre défense nationale », insiste-t-il.
En outre, ajoute Sébastien Sauvage, le projet hôtelier Le Chaland Resort viendra dégrader davantage l’écosystème du parc marin de Blue-Bay, un site protégé par la Convention de Ramsar. « L’hôtel Sandrani y opère déjà, et maintenant si l’on y ajoute un autre hôtel, le parc marin de Blue-Bay sera mort d’ici dix ans », s’alarme-t-il. Notre interlocuteur rappelle également que le Blue-Bay Marine Park Management — étude commanditée par le ministère de la Pêche soumise au gouvernement en septembre 2012, mais jamais rendue publique jusqu’ici — prévient qu’un projet hôtelier dans la zone de La Cambuse aurait des effets néfastes sur le parc marin. Le projet de Currimjee Jeewanjee était encore en attente de l’aval du gouvernement au moment de cette étude en 2012.
Enfin, insistent ces écologistes, le projet Le Chaland Resort ne respecterait pas les zones officielles où il est permis de construire de nouveaux hôtels. « Selon la National Development Strategy, aucun projet hôtelier ne doit être autorisé en dehors des Tourism Development Zones ». Or dans le sud-est, il y a uniquement la Mahebourg Tourism Development Zone, dont ne fait pas partie La Cambuse. Le ministre de l’Environnement, des Urgences en cas de Catastrophes naturelles et de la Beach Authority, Raj Dayal, a effectué une visite du site ce matin en compagnie de ses officiers, des écologistes et des représentants des promoteurs (voir encadré).