Le conseil de district de Grand-Port a approuvé hier la demande du groupe Currimjee Jeewanjee pour un Building and Land Use Permit pour son projet hôtelier Le Chaland Resort, situé à La Cambuse. Les écologistes de la Coalition Aret Kokin Nu Laplaz, de la Platform Sov Nu laplaz et du Forum des citoyens libres, sont disent pour leur part « déçus ».
Sollicité pour une réaction, le président du conseil de district de Grand-Port, Vinaye Harcharan, a expliqué que l’Executive Commitee a approuvé l’octroi d’un BLUP à ce projet hôtelier sur la recommandaion du Permit and Business Monitoring Committee. « Ce comité est satisfait que les promoteurs détiennent tous les permis et clearances nécessaires et que leurs experts ont démontré qu’ils ne toucheront pas à la plage. Par ailleurs, c’est un projet soutenu par une majorité d’habitants du Sud parce qu’il représente un développement significatif pour cette région », a-t-il soutenu.
Pour sa part, Dinesh Burrenchobay, le Managing Director de Currimjee Hospitality Management, a fait parvenir la déclaration écrite suivante à travers l’agence de relation publique Odyseus :
« Pour ce qui est du BLUP, c’est le cours normal des choses. Nous avons suivi toutes les procédures et agissons dans la stricte légalité. Nous souhaitons préciser que la construction de la nouvelle route menant à la plage publique de La Cambuse prendra fin en décembre. Nous finançons cette route à hauteur de Rs 70 millions. Nous tenons aussi à faire ressortir que nous détenons tous les permis requis pour la construction de cette route ainsi que le landscaping de la plage publique. Nous continuons à respecter les procédures ainsi que les conditions de notre bail et nous agissons dans la stricte légalité. »
« Nous sommes déçus. C’est à ne rien comprendre. Voilà encore une occasion ratée de faire de Maurice un exemple du véritable développement durable. Cette décision d’accorder un Building and Land Use Permet (BLUP) à un projet hôtelier dans une zone écologiquement si senseble est contraire au bon sens, alors même que nous prétendons vouloir attirer d’avantage de touristes par notre cachet écologique de Maurice », a déploré le président de l’ONG EcoSud, Alain de Falbaire, dans une déclaration ce matin au Mauricien. EcoSud est une des composante de la Coalition Aret Kokin Nu Laplaz.
L’écologiste observe qu’alors que les Seychelles et même Rodrigues se positionnent pour êtres les leaders dans le domaine du développement durable, à Maurice on s’éloigne manifestement de ce concept et c’est « business as usual ». « Les quatre axes du développement durable, c’est-à-dire l’environnement, l’économie, le social et la culture, font sens. C’est encore une occasion ratée, quand on sait que ce modèle de développement hôtelier est dépassé de par le monde. Déjà à Maurice, les chambres d’hôtel ne se remplissent plus et que les touristes de part le monde recherchent une expérience écologique et humaine authentique », estime-t-il. « Quoi qu’il en soit, nous étudions toutes les options pour faire appel de cette décision du conseil de district », ajoute Alain de Falbaire.
Georges Ah-Yan, de la Platform Sov Nu Laplaz et du Forum des citoyens libres, abonde dans le même sens. « Nous allons loger une injonction en Cour suprême pour, d’une part, demander la suspension de ce BLUP et, d’autre part, exiger du conseil de district de nous accorder l’occasion de nous expliquer car nous estimons qu’il n’y a pas eu de fair hearing. Le DC ne nous a donné ni le temps ni les documents pour que nous puissions faire notre point », explique-t-il au Mauricien.
« Nous trouvons absolument scandaleuse la décision du District Council de Grand-Port d’accorder un BLUP à ce projet. Il est extrêmement affligeant qu’en 2015 à Maurice un groupe privé soit ainsi autorisé à passer totalement outre les lois et les règlements qui déterminent là où on peut et où on ne peut pas construire », a de son côté affirmé Yan Hookoomsing (écologiste-activiste membre de la Coalition Aret Kokin Nu Laplaz. Il argue que la National Development Strategy et l’Outline Planning Scheme pour Grand-Port démontre que ce projet d’hôtel n’aurait jamais dû être autorisé par le conseil de distrit car il est situé en dehors de la Mahebourg Tourism Zone et dans une zone environnementalement sensible (le parc marin de Blue-Bay).