Le Premier ministre qui lançait hier le livre de Moonindra Nath Varma intitulé « The Political History of Mauritius – Volume One (1883-1983) Recollections and Reflections » a constaté un recul de la mentalité des Mauriciens au fil des années et déploré qu’aujourd’hui le communalisme et le castéisme aient eu le dessus sur la discipline des partis.
Pour illustrer que le communalisme et le castéisme ont gagné du terrain sur la discipline des partis, Navin Ramgoolam a cité deux exemples : l’élection de Romriky Ramsamy à Curepipe en 1958 et celle de sir Seewoosagur Ramgoolam, de Harilall Vaghjee et de A. Beejadhur à Rivière-du-Rempart en 1948.
Le Premier ministre a présenté l’élection en 1958 de Romriky Ramsamy à Curepipe, une circonscription où la population générale est nettement en majorité. Comme un exemple que l’électorat ne prend pas en compte les considérations communales. Navin Ramgoolam a expliqué qu’en raison d’une erreur dans la rédaction de son nom, son élection contestée par Gaëtan Duval a été annulée.
Malgré la forte pression des partisans rouges dans la circonscription, la direction du Parti travailliste (Ptr) a maintenu la candidature de Romriky Ramsamy parce qu’il avait été un bon candidat et sa défaite n’aurait pas affecté la majorité du Ptr au parlement. Lors de l’élection partielle, Gaëtan Duval est sorti victorieux en réussissant à mobiliser la population générale, en particulier les créoles.
Les dirigeants rouges dans leur analyse post-électorale ont constaté l’absence de mobilisation. « Tout le monde s’est accordé à dire que si Guy Rozement était encore vivant cette défaite ne se serait pas produit », a dit Navin Ramgoolam. Le Premier ministre s’est également appesanti sur l’élection de sir Seewoosagur Ramgoolam, de Harilall Vaghjee et de A. Beejudhur aux élections gélérales de 1948. « Il sera difficile de rééditer une telle performance. Aujourd’hui, on aurait pris en compte l’appartenance socioculturelle et les castes. Il serait difficile de faire élire un Gujrati et un Baboojee-maraz aujourd’hui. »
Pour Navin Ramgoolam, il ne suffit de collectionner les coupures de presse pour connaître l’histoire. Il faut également connaître la motivation des décideurs à cette époque, a souligné le chef du gouvernement.
Présentant son livre, Moonindra Nath Varma a expliqué avoir voulu être le plus objectif possible dans son approche, tout en reconnaissant que ses travaux sont le résultat de ses  impressions et de ses observations personnelles. L’auteur a cité certains extraits de son livre, notamment concernant les principaux leaders comme sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Anerood Jugnauth, Paul Bérenger, Harish Boodhoo. Selon lui en 1982, Paul Bérenger avait de manière diplomatique et intelligente réduit sir Anerood Jugnauth à agir comme un rubber stamp, ce qui a donné lieu aux problèmes que l’on connaît.
Selon Moonindra Nath Varma, c’est grâce à sir Seewoosagur Ramgoolam, qui a mené une campagne systématique en faveur de sir Anerood Jugnauth lors des élections générales de 1983, que le président démissionnaire de la République avait réussi à être reconduit au pouvoir. Répondant par la suite à la presse, il a observé qu’il n’avait pas peur de perdre sa majorité parlementaire.
S’agissant des commentaires du président Sarkozy, Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’il ne comptait pas s’ingérer dans la campagne présidentielle en France. Il a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas que la population mauricienne soit un peuple d’assistés.