Photo archive - Réunion de travail entre Vishnu Lutchmeenaraidoo et l'ambassadeur chinois, Sun Gongyi

Dans ses “Huit initiatives majeures” pour développer le continent africain, la Chine est prête à investir USD 60 milliards sous diverses formes. De ce total, une somme de USD 15 milliards sera offerte sans contrepartie en tant que prêts sans intérêt et crédits préférentiels.

De plus, Pékin est même disposée à effacer les dettes des petits États insulaires africains et des pays pauvres. Ces initiatives présentées au mois de septembre par le président chinois Xi Jinping, lors d’un forum organisé en Chine, touchent différents secteurs socio-économiques.

La présentation de ces huit initiatives a été faite par l’ambassadeur de Chine à Maurice, Sun Gongyi, vendredi matin lors d’une demi-journée de séminaire à Ébène sur le rôle de Maurice comme pont entre l’Asie et l’Afrique. Ces initiatives, « conçues sur-mesure pour les pays africains », concernent différents domaines pour que l’investissement massif de la Chine puissent les développer.

La première initiative, qui touche la promotion industrielle, vise à encourager les entreprises chinoises « en construisant et en modernisant des zones de coopération économique et commerciale en Afrique ».

En ce sens, Sun Gongyi fait ressortir la présence d’une délégation de l’All-China Federation of Industry and Commerce à Maurice composée d’entrepreneurs et d’investisseurs du secteur privé il y a deux semaines. Cette première initiative, qui concerne aussi la sécurité alimentaire, débouchera sur des discussions dans le domaine agricole entre Maurice et la Chine à travers la venue du vice-ministre chinois chargé de l’Agriculture à Maurice le 12 novembre.

Le développement des infrastructures en Afrique est également une initiative importante pour l’Afrique. De ce fait, les entreprises chinoises seront soutenues par leur gouvernement « à la construction d’infrastructures en Afrique sous diverses formes ». Alors que l’Afrique est soutenue financièrement par la Chine dans différents domaines, l’ambassadeur chinois réfute cependant les arguments de la communauté internationale sur le financement du continent comme d’un piège à l’endettement. « Doit-on laisser les infrastructures d’un pays dans un état précaire sous prétexte qu’il existe des problèmes liés à l’endettement ? » dit-il.

Selon lui, la Chine « n’est jamais tombée dans le piège de l’endettement », et ce même si elle s’est endettée dans son processus de développement. Il ajoute : « La Chine n’a jamais forcé les pays bénéficiaires de ses fonds à rembourser leur dette. » Et de poursuivre : « À plusieurs reprises, la Chine a annulé les dettes des pays africains. » Il fait également référence à la déclaration du président chinois, qui avait réitéré que « certains pays qui ont contracté des prêts intergouvernementaux sans intérêt auprès de la Chine, et dont le remboursement arrivera à échéance fin 2018, seront exemptés du remboursement. »

Ces pays comprennent notamment les moins avancés ainsi que les petits États insulaires, dont Maurice, « qui sera aussi bénéficiaire de cette mesure ».

Maurice sera en outre l’un des premiers pays africains à bénéficier de la politique de la Chine s’agissant de la facilitation du commerce. D’ailleurs, un accord de libre-échange sera bientôt signé suite à la fin des négociations. « Cet accord sera le premier du genre entre la Chine et un pays d’Afrique », dit-il.

Dans cet accord figure aussi l’exportation du sucre mauricien vers la Chine. La protection de l’environnement, le renforcement des capacités à travers la formation et les projets médico-sanitaires sont aussi les secteurs où Pékin entend offrir son soutien au continent.

Lors de ce séminaire, le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a parlé de Maurice comme d’un « trait d’union entre l’Asie et l’Afrique ». Il a également fait part de sa discussion avec le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, qu’il qualifie de « très dur », poursuivant : « Je lui ai dit : “Ne perdez pas votre temps à nous mettre sur des listes noires. Vous avez besoin de nous”. » Et d’ajouter que le problème migratoire en Europe ne sera résolu qu’à travers des investissements et la création emploi, notamment via le centre financier mauricien. « Le centre financier de Maurice sera le point focal de gros investissements étrangers sur le continent africain », dit-il.