La cigarette, on le sait, est extrêmement dangereuse pour la santé. Lorsqu’elle ne concerne pas que les fumeurs, la fumée de la cigarette est tout aussi nocive à l’entourage. C’est ce qu’on appelle le tabagisme passif. Si des lois, à l’instar de l’interdiction de fumer en public, ont été votées pour que le tabac reste un choix des fumeurs, reste que beaucoup d’entre eux s’estiment dans leur droit de griller une cigarette lorsqu’ils sont seuls en voiture. Or, si vous fumez en voiture, même seul, vous aggravez les choses. Selon une étude écossaise, le taux de particules fines retrouvées dans les habitacles de véhicules occupés par des fumeurs serait plus de trois fois supérieur aux normes admises par l’OMS.
En effet, contrairement à la croyance répandue, le fait d’ouvrir la fenêtre ou de mettre la ventilation en marche ne permet pas de revenir à un taux inférieur de particules fines dans une voiture lorsqu’une cigarette y a été allumée. Ce résultat issu d’une recherche écossaise publiée dans le Tobacco Control Journal conduit les chercheurs à alerter les fumeurs sur les conséquences pour la santé de ceux qui voyagent dans leur véhicule. Pour parvenir à cette conclusion, ces chercheurs ont étudié la qualité de l’air intérieur dans les voitures de 17 conducteurs. Les auteurs ont utilisé un appareil permettant de simuler ce qu’un enfant pourrait respirer comme particules fines. Au total, 14 conducteurs étaient des fumeurs réguliers et trois autres étaient non fumeurs. Ils ont demandé aux conducteurs de faire leurs déplacements habituels pendant une période de trois jours. A l’issue de cette étude, dans les voitures de non fumeurs, ils ont retrouvé en moyenne 7,4 microgrammes de particules fines par mètre cube (µg/m3) d’air. Mais le taux enregistré dans les habitacles occupés par des fumeurs a été dix fois plus élevé (85 µg/m3). Rappelons que l’OMS a fixé à 25 µg/m3 la valeur guide à ne pas dépasser sur 24 heures.
L’étude montre également que l’usage de la ventilation ou le fait d’ouvrir les vitres pour aérer l’habitacle avait peu d’impact sur cette pollution de l’air intérieur de la voiture. La présence de particules fines, qui pénètrent dans les poumons, est en effet un facteur de risque de maladies cardio-vasculaires et respiratoires. Les enfants, qui ont « une fréquence respiratoire plus fragile et un système immunitaire moins développé », sont particulièrement vulnérables. Chez les bébés et les enfants, la fumée secondaire peut notamment provoquer des problèmes respiratoires, de l’asthme, ou des infections de l’oreille. Si de nombreux pays, dont Maurice, ont déjà légiféré sur le tabagisme en voiture, les auteurs de cette étude tirent la sonnette d’alarme pour sensibiliser davantage sur ce problème de santé publique.