Un membre d’un Board qui a reçu un avertissement (warning)  de l’ICAC suite à une plainte logée contre lui par une association privée et qui a été ensuite suspendu comme membre de cette association pour mauvaise conduite dans l’exercice de ses fonctions de président peut-il être qualifié pour siéger comme principal interviewer sur un panel censé désigner le meilleur candidat un poste ? La question est posée actuellement au sein de la Central Water Authority (CWA), l’organisme responsable de la gestion et de la fourniture d’eau dans le pays.
Le débat a été soulevé par un des officiers de la CWA convoqué pour une entrevue, en l’occurrence M. Iswarduth Guness, de surcroît président de la Union of Employees of the CWA (UECWA). M. Guness conteste énergiquement la présence sur le panel de M. Pravin Ramessur, le membre du Conseil d’administration warned par l’ICAC et qui se trouve également être le Chairman du comité du personnel et de celui de l’Audit de la CWA. Pour d’autres raisons également, M. Guness demande à être évalué par un panel « complètement indépendant ».
En fait, dans cette affaire, Iswarduth Guness, dont les relations avec la direction de la CWA sont parsemées de nombreux conflits en trente-six ans de service, avait postulé pour une promotion en tant que Higher Executive Officer. Mais, en raison de la nature de ses relations antagonistes avec le membre du Conseil d’administration Pravin Ramessur, il estime que, dès le départ, il n’aurait absolument aucune chance d’être choisi pour le poste. D’où sa requête que M. Ramessur se retire du panel des interviewers. Une requête que la direction de la CWA a rejeté sur la base d’un avis de son conseil légal.
M. Guness affirme que, en sus de l’avertissement reçu de l’ICAC et du blâme qu’un Fact Finding Committee de la Mauritius Family Planning Welfare Association (MFPWA) a retenu contre lui qui le disqualifieraient déjà, il a des raisons solides d’appréhender que M. Ramessur entretiendrait quelque animosité contre lui et qu’il ne pourra jamais avoir un jugement équitable envers sa personne (Guness) et ce qu’importe la compétence du postulant.
M. Iswarduth Guness fait remarquer qu’en 2006, il s’était déjà vu contraint de remettre en cause par voie d’une pétition devant le ministère du Travail une Information Technology Policy Manual que la direction de la CWA voulait imposer. Ce manual aurait condamné le personnel de la corporation et les syndicalistes à garder le silence à vie sur tout ce qui se passait à la CWA même s’il y avait des choses qui allaient à l’encontre des intérêts publics. Parmi les membres du Conseil d’administration qui défendaient ardemment le manual controversable se trouvait M. Pravind Ramessur et le ministère du Travail avait recommandé que le document soit annulé. Par la suite, toujours selon M. Guness, deux ans plus tard, en 2008, il (Guness) aurait payé sa résistance à un prix fort lorsqu’il s’est vu confronter à M. Ramessur présidant un panel des interviewers pour un poste de Principal Clerk.