La Commission Justice et Vérité, dont l’objectif est, rappelons-le, de faire toute la lumière sur la période de l’Esclavage et de l’Engagement des travailleurs indiens à Maurice, a entendu vendredi dernier la déposition d’un représentant de la Mauritius Commercial Bank en la personne de M. Alain Philippe Forget, Deputy Chief Executive (département Banking).
A défaut d’obtenir de M. Forget le type de renseignements qu’elle recherchait — essentiellement des informations ayant trait à d’éventuelles transactions entre la banque et les colons-propriétaires (ou leurs descendants) ayant bénéficié de compensations payées par la couronne britannique lors de la libération de leurs esclaves à partir de 1835 — la Commission s’est vue remettre, volontairement, deux volumineux dossiers comprenant des photocopies de documents de valeurs historiques, qu’elle s’attellera à étudier afin de voir s’ils peuvent aider dans sa quête de la vérité.
Dans une autre enquête qu’elle a entreprise, vendredi dernier, cette fois concernant le volet des revendications de terres spoliées ou prescrites, la Commission a mis à jour certains éléments troublants qui pourraient très sérieusement embarrasser au moins trois anciens officiers de police et un notaire. Un de ces policiers, un ancien porte-parole de la force a, d’ailleurs, choisi d’ignorer son assignation à témoigner, tandis qu’un de ses collègues a, lui, eu beaucoup de peine à expliquer les circonstances qui leur avaient permis de faire l’acquisition de larges portions de terrains au lieu-dit Le Bouchon. Ces terrains, à haute valeur commerciale et bien situés près de la plage publique de la localité sont, de manière incompréhensible, prescrits et revendiqués à la fois par pas moins de… sept familles différentes qui s’affrontent !