Husna RAMJANALLY

Empruntons pour la circonstance le titre de l’excellente comédie sucrée-salée de Claude Berri La Débandade, sortie en 1999, servie par les très efficaces Claude Berri et Fanny Ardant. Pour les cinéphiles avertis qui se trouvent être aussi des observateurs de la société mauricienne, la trame du film de Berri peut être une allégorie à certaines situations locales et, certainement, cocasses… Quoique, pour rester dans l’esprit, et reprendre une formule amplement utilisée dans le milieu du 7e art toujours, certaines ressemblances, ici, ne sont que purement… fortuites et non délibérées !

Deux entités, deux organismes publics, à savoir notre force policière et la station nationale d’images et de sons, la MBC, sont actuellement sérieusement malmenées dans l’opinion publique. Et non sans raison !

Prenons d’abord l’ensemble de la Mauritius Police Force (MPF). Ces dernières années sont, pour ainsi dire, les pires que connaît ce service essentiel, destiné à garantir la sécurité et le bien-être de toute la population. Or, nous n’avons probablement jamais auparavant enregistré un nombre aussi élevé de manquements à l’uniforme ! Tantôt de jeunes flics trouvés en possession de produits illicites, notamment de drogues, synthétiques et dures, tantôt d’autres officiers en état d’ivresse et au volant de véhicules impliqués dans des accidents de la route, sans omettre ces hauts gradés soupçonnés de connivences avec des barons de la drogue, permettant entre autres à un détenu d’aller « prendre l’air », quand ce n’est pas carrément de tuyauter ces marchands de la mort quant à d’éventuelles descentes ou interpellations de leurs dealers, jockeys, martins et autres sbires… La liste est hélas ! longue comme le bras ! Et ne saurait, on l’imagine, s’arrêter en si bon chemin.

Certainement, il y a, au sein de cette même force policière, des éléments qui, eux, ne font pas pâlir le bleu. Comme ceux qui ont recueilli cette semaine deux enfants en bas âge, à Vénus, Port-Louis, livrés à eux-mêmes par une jeune femme peut-être encore trop jeune (21 ans) pour assumer son rôle de mère… Ou ces autres, encore, comme le caporal Choolun, qui n’a écouté que son courage sur le “by-pass” de Goodlands. Mais de moins en moins de nos policiers empruntent cette voie. Pourquoi ?

Les représailles, les coups bas, les magouilles, les entourloupes et les pièges ont de tout temps gangrené donc notre force policière. Ces dernières années, toutefois, on semble avoir atteint le summum, avec toutes les frasques enregistrées. Et en face, il convient de le souligner, celui qui porte le costard du commissaire de police ne fait pas le poids ! Mario Nobin est on ne peut plus… dépassé !

S’agissant de la MBC, deux clips pour le moins, éloquents, sinon carrément choquants, circulent actuellement sur les réseaux sociaux. L’un concerne un pétage de plomb par un membre de la rédaction dans les couloirs de la station de Moka et, l’autre, une entrevue plus que déroutante de l’actuel homme fort, Anooj Ramsurrun, où il évoque les « états d’âme » des employés de la corporation et leurs… « habitudes » !

Une chose est sûre, en ce qui concerne ces deux organismes d’État : il leur faut définitivement moins d’ingérence politique, une gestion plus transparente par des professionnels calibrés, et non des conseillers et Advisers agissant selon leur humeur ! Cela aiderait la population à refaire confiance à ces institutions. Cependant, tant que les politiques se prendront pour les régents du jour plutôt que les serviteurs du peuple, cette interférence politique pénalisera toujours tant la police que la MBC…

Un autre secteur qui est hélas drôlement malmené actuellement est celui des tourneurs de spectacles. Deux organisateurs, en l’occurrence Culture Events et Live & Direk Entertainment, sont contraints de changer les lieux où devaient se tenir leurs concerts respectifs les 6 et 20 octobre prochains. Et ce type de dysfonctionnements tout à fait « unprofessional » entraîne non seulement des pertes financières conséquentes, mais ternit également l’image de Maurice à l’étranger auprès des interlocuteurs qui sont les managers et producteurs des grosses pointures que sont Groundation, Anthony B ou Nkulee Dube…

Pravind Jugnauth sera-t-il à l’écoute de ces problèmes pour trouver des solutions appropriées ou est-ce que cette débandade généralisée ne l’interpelle pas du tout ?