Battre le fer tant que le métal est chaud et malléable. Cela convient bien à la tenue des prochaines élections municipales, prévues dans un mois. C’est dans l’intérêt de nos honorables serviteurs de surfer sur la vague de sympathie avant que l’élan ne s’estompe et ne retombe à plat. C’est connu, l’euphorie populaire a besoin qu’on la ravive régulièrement. Cela s’entretient comme une flamme. On vendra probablement cet appel aux urnes comme une mesure nécessaire à l’assainissement des villes notamment celles à tendance majoritaire mauve.
Certains disent que le citadin se fout pas mal de ces élections, jugées de moindre importance, et préfère passer un dimanche peinard. Faudra vérifier le taux d’abstention pour se faire une idée claire et nette. D’autres sont convaincus que l’équipe municipale doit correspondre aux couleurs du gouvernement central afin de ne pas se retrouver laissés pour compte, et par conséquent victimes de leur choix : alimentation d’eau irrégulière et rues en piteux état seraient la rançon à payer aux puissants du jour. Une pratique somme toute pas des plus démocratiques.
Il sera intéressant d’observer le comportement des dissidents du parti paulesque et celui du parti rouge. Est-ce que les démêlés du leader en congé auront une incidence sur ce scrutin urbain ? Sait-on jamais si entre-temps Navin steppera down ou pas ? Si Alan enverra quand même quelques soldats faire leur baptême du feu au casse-pipe ? Car on annonce du nouveau sur le théâtre d’opération politique : la création d’un mouvement de militants mécontents et déçus par la zigzaguerie du camarade leader absolu. Dans la foulée, Navin traîne une image de boulet accroché au parti. Arvin est enfin parvenu à cracher le morceau publiquement. Est-ce que le gentleman à la Rolls aura la décence, la classe de soumettre sa démission ?
Nous sommes à la fin d’un cycle. Paul dans un parti qui se riquiquise ; Navin, dans de beaux draps ; lesdits seconds couteaux qui se veulent plus tranchants que soupçonnés. Je me demande ce que Steve attend pour faire le premier pas. À emboîter le pas de ses camarades, vers ce qui ressemble à un renouveau. L’ère du changement semble proche… mais ne nous réjouissons pas trop vite car le culte du chef est inscrit dans l’esprit de nombreux inconditionnel (le) s. Les accros au pouvoir ne lâcheront pas non plus l’affaire de sitôt.