Une famille de Sainte-Croix vit un véritable calvaire depuis la semaine dernière. Une adolescente s’est fait agresser mercredi aux abords de la gare routière du Nord avec en toile de fond un cycle. Blessée principalement à l’oeil droit et aux mâchoires, la collégienne est toujours sous traitement à l’hôpital Jeetoo.
Avec les averses qui se sont abattues sur l’île dans le courant de la semaine dernière, à sa sortie de l’école, la fille de 17 ans a téléphoné à sa grand-mère maternelle pour lui dire de venir la récupérer avec un parapluie à la hauteur de la rue Desforges.
La collégienne et sa grand-mère de 52 ans se sont engagées dans la rue Jummah Mosque sous une pluie battante pour regagner la gare du Nord. Arrivant à la hauteur d’un supermarché de la région, un marchand ambulant et sa fille auraient surgi de nulle part et ont sauvagement agressé  l’adolescente. « Mo trouv tifi-la nek trap mo ti zanfan, donn li enn klak ek zet li anba. Marsan-la inn koumans donn li kout poing… » explique la grand-mère, visiblement tourmentée par les récents événements.
La collégienne aurait alors perdu connaissance tandis qu’au même moment le marchand ambulant aurait tenté de l’agresser une nouvelle fois avec une arme tranchante. « Li dir zordi mo bizin touy enn ant zot. Kan monn trouv sa monn gagn letan zet mo lekor lor mo ti zenfan. Se mwa ki finn blese dan so plas », souligne la grand-mère. Entre-temps, des badauds se sont massés sur le lieu de l’agression avec les hurlements tonitruants des deux victimes, faisant ainsi fuir le marchand ambulant.
La quinquagénaire affirme que cette agression est liée à une affaire d’argent avec le marchand ambulant. La mère de l’adolescente, marchande ambulante de métier également, aurait en effet organisé un cycle d’un montant de l’ordre de Rs 200 par jour avec les marchands dans les parages de la gare du Nord. Cette « cotisation » devait permettre à chaque marchand de récolter une certaine somme par semaine. Mais la mère de l’adolescente aurait eu vent que le marchand ambulant, qui aurait agressé sa fille, serait un « mandayer ».
La mère de la collégienne aurait alors décidé de rayer le nom de l’individu de la liste. Ce qui a mis en colère le marchand ambulant. D’ailleurs, pas plus tard que samedi 24 mars une discussion houleuse a éclaté entre la mère de l’adolescente et le marchand ambulant.
L’adolescente est toujours en salle de traitement à l’hôpital Jeetoo depuis mercredi. La famille de l’adolescente vit dans la frayeur depuis la semaine dernière, d’autant qu’elle dit recevoir sans cesse des menaces. « Get dan ki leta li finn mett mo ti zanfan ek li gagn pou pey dimounn pou vinn bat nou. Nou pa trouv nou an sekirite, mem mo ti zanfan pe per pou res lopital tousel », avance la grand-mère au bord des larmes.
La partie plaignante a fait une déposition au poste de police de Trou-Fanfaron.