51370 jeunes voteront pour la première fois lors des prochaines législatives « anticipées » sur un total de 936,975 électeurs inscrits selon le dernier registre mis à jour par la commission électorale en date du 16 août 2014. Mais au vu des dernières analyses et commentaires de divers observateurs politiques et sociaux, ils estiment que les jeunes et les moins jeunes (entre 18 et 40 ans) ne sont plus intéressés par la politique. En effet, il y a une régression d’année en année depuis les années 70, par rapport à l’engagement politique. Pourquoi une telle chute et comment leur redonner espoir?
Notre lecture des divers recherches, rapports et analyses sur la question nous pousse à croire que la nouvelle génération n’est pas totalement dépolitisée et qu’elle a une certaine conscience politique mais n’est pas encore parvenue au stade de l’engagement. Sur un échantillon de 558 personnes, représentatif de la jeunesse mauricienne âgée entre 18 et 29 ans, le rapport de Transparency Mauritius intitulé «Le rapport des jeunes sur la politique » – publié en septembre 2013 – indique que 58% disent ne pas être intéressés par la politique.
Aussi incroyable que cela  puisse paraître, ils sont seulement 7,5% à reconnaître une certaine proximité avec un parti politique. Mais ce qui est intéressant, c’est que Transparency Mauritius avait conclu dans ce même rapport que « la jeunesse mauricienne vit actuellement une situation paradoxale dont elle est elle-même la cause. D’un côté, elle déplore les effets néfastes des problématiques en politique, de l’autre, elle se tient éloignée des enjeux politiques qui pourraient lui permettre de transformer la situation. »
 Même si la politique n’est pas leur écran radar, on voit souvent sur les réseaux sociaux les jeunes et les moins jeunes remettant en question plusieurs choses et se consacrant à plusieurs causes sur la toile. Malheureusement, ils ne vont pas plus loin dans leur démarche. La jeunesse d’aujourd’hui a d’autres valeurs et d’autres moyens de communication – une évolution à laquelle les partis traditionnels et « émergents » devront s’y adapter et comprendre… Mais utiliser les moyens modernes que pour réagir pousse cette nouvelle génération à s’isoler chez elle et ainsi refuser par exemple de vrais débats publics.
 Les générations «baby boomers » suscitent dans leur argument que les jeunes des années 60-70 avaient une conscience plus élevée de la politique… ce qui n’est pas faux!  Néanmoins, il faut admettre qu’à cette époque, l’enjeu politique était  grand ; l’aboutissement à l’indépendance du pays et la grève estudiantine en mai 1975 pour ne citer que quelques combats les poussaient à s’engager. C’était l’époque de la répression qui était un contexte dur et complètement différent de ce qu’on vit actuellement. De plus, les aînés étaient bien plus préoccupés par les questions ethno religieuses; alors qu’aujourd’hui, la majorité des jeunes ne se soucient pas de cela car il est vrai qu’il y a plus de démocratie ou plutôt d’instances démocratiques comparé aux années 60-70.  
En 2014, l’idéologie des partis politiques traditionnels s’est évincée y compris les nouveaux partis politiques qui ont poussé comme des champignons et qui ressassent les mêmes thématiques sans aucune idée nouvelle. Ce qui résulte en ce malaise de la politique traditionnelle et qui empêche la libération de ce printemps d’enthousiasme. D’autre part, si l’on considérait les réactions de la vie quotidienne de cette jeunesse sur la toile et dans les médias, on aurait eu une certaine idée de leurs préoccupations qui gravitent surtout et principalement autour de l’emploi et du communautarisme. Or, c’est la clé pour donner un nouveau souffle à cette génération Y ; instaurer une méritocratie pour combattre le communautarisme avec des programmes alternatifs qui correspondent à leur demande tout en prônant des mesures différentes.
 Cette génération ne manque pas d’idées comme certains le préconisent. C’est le fait que les idéaux de certains politiciens laissent à désirer. Si cette jeunesse devrait outrepasser tout cela pour défendre les leurs, ils auront besoin du soutien et de la transmission des valeurs des anciens qui pourraient être répercutées à travers un sénat par exemple. Il regrouperait d’anciens chefs juges et de politiciens retraités entre autres personnalités qui valorisent toujours le bon sens et la noblesse de « la chose politique ». Bon, nous disposons déjà du « National Economic and Social Council. » Cependant, il faudrait rehausser le niveau et favoriser une culture de débats qui permettra aux bonnes idées d’émerger. C’est à ce moment là que la jeunesse se sentira revalorisée.
 “L’espérance est un combat  qui exige du coeur et de l’imagination”, disait le président Jacques Chirac pendant son septennat. Et cette espérance, il faudrait le redonner à cette nouvelle génération. Il suffit tout simplement d’accorder les violons des idéologies des partis traditionnels et « émergents » avec une certaine réciprocité par rapport à ce besoin d’écoute et de désir des jeunes. Car tout ce qu’ils désirent, c’est de changer les choses à Maurice pour une meilleure société avec une idéologie du mauricianisme et de la méritocratie.  Il suffit de trouver ce magnétisme d’idées pour attirer cette génération qui n’a pas eu une éducation politique et qui ne sait pas comment fonctionne la chose politique.
Il est impératif que les politiciens et les parties prenantes approfondissent leur compréhension de la participation et de la non-participation des jeunes en politique en menant des enquêtes et des recherches approfondies.
Alors, avis aux leaderships des partis politiques – traditionnels ET émergents – il est temps de vous secouer un peu les neurones et de proposer quelque chose de nouveau qui titillerait la curiosité des jeunes envers la politique… A bon entendeur salut!