La grande rentrée économique pour la nouvelle décennie 2020 dans le pays aura lieu ce lundi. Pour différentes raisons, les vacances se sont prolongées de quelques jours cette année. Si les services publics et gouvernementaux ont repris le 3 janvier, beaucoup de bureaux et commerces ont tourné au ralenti cette semaine. La visite de la tempête Calvinia dans les parages de l’île durant les fêtes de fin d’année et le mauvais temps qui a prévalu par la suite y sont pour quelque chose, car ils ont perturbé bon nombre d’activités prévues durant cette période. Ce qui fait que le début de l’année a été diversement vécu par la population. Pour beaucoup, c’était un temps de repos, de divertissement ou de réjouissances. Pour d’autres la situation n’a pas été facile, surtout ceux qui ont vu leurs maisons inondées lors de grosses averses et ceux qui ont été forcés de se rendre dans les centres de refuge. On pense surtout aux 150 familles de Cité Longère Tôle à Baie-du-Tombeau qui, comme le disait le père Jean Maurice Labour le 1er janvier à la chapelle Bon Pasteur, aspirent à vivre dans la paix dans une maison qui respecte leur dignité. Les petits commerçants pour qui la période de fin d’année constitue un moment idéal pour leur commerce ont également été frappés de plein fouet.
Même les gros commerces ont passé, semble-t-il, un moment difficile. Cela a été le cas pour les planteurs de légumes qui n’ont pas été épargnés. Avec pour résultat que les prix de légumes ont pris l’ascenseur. L’année a également commencé d’un mauvais pied en ce qui concerne les accidents de la route qui ont déjà fait plusieurs victimes. Le plus grave est que cette année a commencé par son lot de crimes. Plusieurs victimes dont des femmes ont été enregistrées. Même la police a dû, à tort ou a raison, faire feu sur une personne pour sauver la vie d’une famille. Les circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés font l’objet d’une enquête. Ne banalisons ni les accidents ni les meurtres. C’est la pire des choses qui puisse nous arriver. Chaque victime en est une de trop.
La vie politique a également connu un début très lent. Les principaux partis politiques n’ont pas encore réuni leur état-major, sauf le MMM qui n’a toutefois pris aucune décision en l’absence de ses principaux cadres. L’idée d’un boycott de la présentation du discours-programme par les partis de l’opposition fait son chemin. Mais rien n’a encore été décidé. Ce sont les pétitions électorales qui retiennent l’attention pour le moment.
L’affaire sera entendue à nouveau devant la Cour suprême cette semaine. On ne sait pas, à ce stade, si l’huissier de la Cour suprême a réussi à remettre en main propre au Premier ministre et à d’autres la pétition concernant la contestation des élections dans plusieurs circonscriptions dont celle du No 8. Les avis concernant l’attitude du Premier ministre sont partagés. Certains sont d’avis qu’il aurait dû laisser la Cour suprême faire son travail en acceptant la pétition le concernant. Le PTr, le MMM et le PMSD sont unis pour dire que les élections générales n’ont pas été “free and fair”. Jusqu’où iront-ils ensemble ?
Malgré sa victoire électorale, Pravind Jugnauth ne fait pas preuve d’une grande assurance. Pourra-t-il rassurer la population le 24 janvier prochain lors du discours programme ? Pourra-t-il inculquer la confiance indispensable au développement économique ? François de Grivel insistait récemment sur la nécessité de l’établissement d’une plateforme de dialogue privée-publique au plus haut niveau. Les défis sur le plan économique sont nombreux : il y a le Brexit qui entre en vigueur à la fin du mois, l’instabilité des prix du carburant en raison des tensions au Moyen Orient, le ralentissement économique en Inde, notre partenaire majeur pour les services financiers, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis qui perturbe l’économie mondiale.
Sur le plan local, les principaux dossiers prioritaires sont connus. L’urgence d’attirer des investisseurs locaux et internationaux, la formation des cadres de haut niveau, la nécessité de développer un sens de responsabilité sut le plan national à tous les échelons, à commencer par la politique, s’impose. Il y a du pain sur la planche pour la grande rentrée.