La Government Teachers Union (GTU) a rencontré les représentants du ministère de l’Éducation hier pour faire part de sa position sur l’implémentation du Summer Schools Programme. Si elle se dit favorable à cette initiative pour faire face à l’échec au CPE, elle émet toutefois des réserves quant à son implémentation. Vinod Seegum, le président, déplore que ce programme ait été confié à une ONG. « Le Mouvement pour l’Éradication de la Pauvreté a certes des compétences sociales mais pas les compétences pédagogiques requises », dit-il au Mauricien.
Les objectifs du Summer School Programme, soutient M. Seegum, sont clairs. L’essence du programme vise à attaquer le problème du fort taux d’échec au CPE et c’est quelque chose qui doit être pris au sérieux. Pour le syndicaliste, si ce programme arrive à obtenir ne serait-ce qu’un échec en moins, c’est déjà une réussite. À cet effet, la GTU est d’avis que l’implémentation de ce projet doit être faite dans les meilleures conditions. Lors de la réunion d’hier, Vinod Seegum a fait part de son mécontentement sur la façon dont le projet a démarré. « La GTU déplore la précipitation à démarrer le projet et le fait d’en confier le pilotage à des ONG. Le ministre donne l’impression de ne pas assumer sa responsabilité et agit comme spectateur et non facilitateur », dit-il. M. Seegum estime d’autre part qu’une ONG n’a pas les compétences pour préparer un curriculum pour ces élèves. « C’est le Mauritius Institute of Education qui a toujours préparé le curriculum, comment ce travail peut-il être confié à une ONG ? » Si le président de la GTU est pour l’adoption d’une pédagogie différenciée, il estime toutefois que le Summer School Programme ne devrait pas prendre l’allure de camps de vacances.
Par ailleurs, pour ce qui est des enseignants qui vont travailler dans ces écoles, M. Seegum insiste pour que ce soient les mêmes qui ont travaillé avec les élèves durant l’année scolaire. Ces enseignants, estime notre interlocuteur, seront en mesure de connaître les faiblesses des enfants alors qu’il faudra des mois à d’autres profs pour les connaître, ce qui serait une perte de temps et de ressources.
La GTU se demande également comment les écoles ont été sélectionnées et quels ont été les critères de l’ONG pour recruter des profs. À noter que sur 61 écoles identifiées, 12 ont été sélectionnées pour implémenter le programme sur une base pilote. Pour M. Seegum, le ministère devrait présenter un curriculum allégé pour ces élèves. « Au niveau du CPE il y a les essential learning competencies et les desirable learning competencies ; ce qui nous intéresse, c’est qu’à la fin de ses six ans de scolarité, un enfant puisse au moins savoir écrire son nom », soutient le syndicaliste. « Le Summer School Programme ne peut être octroyé comme un contrat aux ONG car il est appelé à devenir un projet permanent, sinon on ne résoudra point le problème du High CPE failure rate du jour au lendemain ». S’il existe un contentieux parmi les institutions, la GTU a suggéré au ministère que les écoles privées et publiques procèdent chacune de leur façon.
Lors de cette réunion, la GTU a également obtenu l’assurance que les langues orientales seront prises en considération dans l’implémentation de ce programme. Le syndicat demande à ce que les enseignants soient payés Rs 1 000 par jour.