Une connaissance de base de la langue française — niveau School Certificate au moins — est de nouveau requise pour se faire embaucher dans la force policière mauricienne. Sans tambour ni trompette, la Public Service Commission et la Discipline Forces Service Commission ont revu les critères qu’elles avaient appliqués lors de précédents exercices de recrutements de policiers et dans lesquels la langue de Molière avait disparu.

L’exclusion du français, qui constituait une rupture avec une pratique qui remontait à plus de 250 ans — soit depuis la création à Maurice d’une force de l’ordre — avait suscité de vives réactions après que Week-End en avait fait état. D’autres médias avaient, par la suite, également fait entendre leurs voix pour déplorer un singulier recul du français dans une île Maurice qui, par rapport à d’autres pays, à la chance d’être bilingue. Sur les réseaux sociaux, nombre de commentateurs avaient qualifié la décision des autorités précitées d’inconcevable qu’un corps de métier comme la Police, qui compte plus de dix-mille membres, ne s’assure pas que ses éléments puissent parler et écrire le français, même à un niveau élémentaire.

Il est toutefois pertinent de relever que malgré cette levée de boucliers, aucun parlementaire, à commencer par le leader de l’opposition, n’avait osé interpeller le gouvernement à l’Assemblée nationale à ce sujet. Il est vrai aussi que lorsque l’abolition du critère du français avait été établie, la campagne pour l’élection partielle de BelleRose/Quatre Bornes battait son plein. Pour certains politiques qui se reconnaîtront, « ce n’était pas le moment de déclencher une guerre des langues ».

Par ailleurs, il faut faire ressortir que ni la Police Service Commission, ni la Discipline Forces Service Commission — toutes deux présidées par une même et seule personne — n’ont jamais daigné donner les vraies raisons de cette mise à l’écart du français. Elles se sont contentées de réintroduire le français comme critère dans les appels d’offres d’emploi.

Ces appels concernaient en premier lieu des policiers au rang de Cadet Inspector. Puis, cette semaine, non seulement les constables de Police, mais aussi les aspirants pompistes et les aspirants postiers sont également invités à postuler si leur certificat d’études inclut l’anglais et le français parmi les cinq credits exigés.