L’enseignement du kreol accentuera les disparités tant qu’il ne sera pas généralisé. Cette opinion, Florise Hack l’a mise en peinture à travers une exposition qui s’est tenue la semaine dernière à Barkly.
Autour du thème “La liberté d’expression”, l’artiste et travailleuse sociale Florise Hack a décidé de mettre en peinture ce que beaucoup pensent tout bas. “Je ne suis pas contre l’introduction du kreol dans les écoles. Mais je suis contre la manière dont cela est fait en ce moment”, dit-elle, en accompagnant les visiteurs venus à la rencontre de ses tableaux dans le Centre de Jeunesse de Barkly, la semaine dernière. Celle qui a lancé une école des rues pour les enfants non-scolarisés de la région, il y a une vingtaine d’années, s’indigne contre la ghettoïsation qui risque de résulter du présent système où le kreol n’est enseigné que dans certains établissements.
Pourquoi limiter l’apprentissage à la langue maternelle à une catégorie d’enfants, qui semble alors négativement étiquetée par rapport aux autres ? interrogent ses peintures. Le style est sans ambiguïté. Une paire de menottes est associée au Sertifika kreol Morisien; un montage est réalisé avec les offres d’emploi où le kreol n’est jamais cité.
Florise Hack voulait prendre part à un débat qui l’interpelle depuis longtemps. Son point de vue exprimé à travers cette exposition fait aussi débat. Elle veut contribuer au dialogue et à la réflexion sans fioritures ni hypocrisie. Les “hypocrites” en prennent d’ailleurs pour leur grade à travers cette exposition où Florise Hack dénonce les “colons noirs” qui réclament le kreol pour les autres en vivant, eux, dans des langues internationales.
Florise Hack réclame justice et égalité. Elle cite et montre les grands exemples du monde : Mère Teresa, le Mahatma Gandhi, Mandela, etc. Le “Cadeau empoissonné aux enfants pauvres”, est ici mal accueilli, tandis qu’elle souligne la nécessité de promouvoir l’éducation, en citant le prix Nobel Malala.
Quelques tableaux plus conventionnels sont intercalés entre des oeuvres plus engagées. Florise Hack demeure dans le paysage mauricien avec ses espaces de pays et ses zones de souffrance.