Que servir au Mauricien pour contenter son cœur lorsque les Jeux sont faits : des balades en métro léger ou un autre réajustement des allocations ? Les élections approchent à grands pas et l’honorable PKJ prend une longueur d’avance en s’élançant (comme un lièvre) avant le signal du départ. Ceci illustre bien l’état d’esprit du camarade leader.

Les Jeux ont une vertu de cohésion dans les stades. Ne nous laissons cependant pas bercer d’illusions. Cet événement est tombé au bon moment, en prélude aux élections. Ce qui a servi à mettre en place un dispositif pouvant populariser l’image du Premier d’entre nous. Ale Moris ! Vote Pravind !

Les grands moyens sont déployés à la gloire du Petit. Nombre de Mauriciens parmi les plus naïfs (toutes communautés confondues) pourraient avoir été désormais convertis à la chapelle solaire. Une belle manigance ? Nous le saurons au prochain décompte de voix. La fébrilité finira par faiblir dans quelque temps.

Après avoir joui des Jeux, l’excitation et les rougeurs sur la peau s’estompent. Que ferez-vous maintenant ? Le garçon vous a séduits et vous a bien fait rêver. Votre petit cœur palpite et vous ne pensez à rien d’autre qu’à ce moment de félicité. Vous avez envie de crier votre plaisir… pour que la flamme ne s’éteigne jamais.

C’est donc “ça” le patriotisme ? Vous fermez langoureusement les yeux, priez pour que ce moment de félicité dure une éternité. Une sensation que vous aimeriez vivre encore. En votre for intérieur, vous savez déjà qui est votre élu : celui qui a su vous contenter et qui bientôt vous fera découvrir les sensations du métro léger. Ce sera fun et vous êtes déjà fan.

Rappelons que les Jeux ont pour mission de maintenir la cohésion et la paix sociale, d’instaurer l’entente cordiale. Notamment en rassemblant la peuplade par-delà les convictions politiques et les origines sociales ou raciales. C’est efficace pour plaire au peuple avant des élections. Nous en reparlerons ultérieurement.

La compétition sportive est un besoin fondamental de l’homme depuis la nuit des temps. L’homme aurait toujours ressenti la nécessité de se mesurer à ses semblables et de rivaliser avec eux. Mû par un désir de comparer ses capacités et d’élire le plus fort, le plus rapide, le plus beau. La compétitivité serait dans la nature humaine.

Représenter le sport comme apolitique est un mythe. Le spectacle sportif est aussi une aliénation des masses. Il endort la conscience critique, l’occupe, la détourne en faisant rêver, en apportant un bonheur illusoire. C’est un opium du peuple qui divertit et fait diversion. L’honorable Petit s’appuie sur un calcul électoral. Nous ne voyons que du feu.

Disons-le sans ambages : bienheureux celui qui saura résister à l’armada gouvernementale. L’appareil d’État est mis en branle et ne fera pas de quartier. Le beau Nando et ses acolytes semblent veiller à la bonne marche des opérations. Et comme d’hab’, la télé gouvernementale est fidèle aux puissants du jour. C’est après tout son rôle, et c’est bien joué.

Le sport galvanise le peuple, électrise les passions. Les équipes de foot communales sont aujourd’hui choses du passé, après avoir été source de tension fanatique auprès de gens prêts à vous agresser et à s’enflammer pour sauver l’honneur de “leur” équipe. C’est pitoyable et si caractéristique d’un certain endoctrinement. Enn bann ti-lespri.

Maintenant que les jeux sont défaits, allons-nous laisser le communalisme reprendre sa place dans nos esprits sectaires ? Et continuer à sournoisement nous mépriser les uns les autres en fonction de notre position sociale et de notre carnation ? Quid des politiciens qui se présentent toujours comme des représentants de groupes ethniques aux élections ?

Il importe de dénoncer les arrière-pensées des discours. Le sport semble, à son corps défendant, pris en otage par les gouvernements peu scrupuleux. Tous les moyens sont bons pour embrouiller le peuple. Kot pe ale Moris ?