Mgr Maurice Piat, l’évêque de Port-Louis et Mgr Ian Ernest, l’évêque de Maurice et archevêque de la Province de l’océan Indien, concélébreront un temps de prière oecuménique à la mémoire de Nelson Mandela le dimanche 8 décembre à 15 h à la Cathédrale Saint-Louis. Les officiels du pays et les représentants des ambassades à Maurice ont été invités à participer à ce temps de prière dédié à l’icône de la lutte contre le racisme et témoin de la non-violence et de la réconciliation.
L’homélie lors de cette cérémonie de dimanche sera prononcée par le Père Gérard de Fleuriot qui a passé vingt-cinq années de son sacerdoce en Afrique du Sud et a vécu cette expérience au temps de l’apartheid. Il a donc vécu de l’intérieur le combat de Mandela et de l’ANC aux côtés de Mgr Manuel Lafont, qui était l’évêque à Soweto. Le Père de Fleuriot était l’aumônier national de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne en Afrique de Sud et le bureau de cette organisation avait été pris d’assaut. Témoin privilégié de cette période de l’histoire de l’Afrique du Sud, il en livrera son témoignage dimanche.
Mgr Ernest a eu l’occasion de rencontrer Nelson Mandela lors d’une conférence en Afrique du sud peu de temps après son accession à la fonction présidentielle. « C’est quelqu’un qui m’a profondément marqué et je retiens d’abord les convictions d’un homme en une seule race, soit la race humaine. C’est le seul personnage politique pour qui le pardon est devenu un style de vie et c’est cette dimension de pardon qui a évité un bain de sang dans son pays après sa sortie de prison et qui a permis la collaboration », dit Mgr Ernest au Mauricien. Dans une lettre adressée au Haut Commissaire sud-africain à Maurice pour présenter les condoléances du Diocèse anglican de Maurice et de celles de la Province de l’Océan Indien au gouvernement sud-africain et à la population de ce pays, l’évêque de Maurice qualifie la vie et le parcours de Nelson Mandela de « legacy of an inestimable value to the human race ». « For us Mauritians, we cherish in the depth of our hearts his visit to Mauritius. Nelson Mandela has inspired many of us and my hope is that we be, like him, instruments of love, justice and reconciliation », ajoute Ian Ernest.
Pour sa part, le Père Labour, vicaire général de l’Église catholique, dit avoir fait un « véritable pèlerinage » au pays de Mandela il n’y a pas longtemps. « J’ai visité sa maison, la paroisse de Soweto et terminé mon périple à Robben Island. Cela m’a permis de sentir dans mes tripes le combat de Mandela qui est une source d’inspiration pour les combats d’aujourd’hui », témoigne le vicaire général. Ce dernier souligne la « résilience » dont a fait preuve l’ancien président et qualifie ce dernier de « prophète pour le monde entier ». « J’admire sa capacité de transformer une situation objectivement violente et mortifère, en une réconciliation nationale. Emprisonné pendant vingt-six ans à Robben Island, il aurait eu toutes les raisons du monde de cultiver la logique de la loi du talion “oeil pour oeil, dent pour dent” qui aurait conduit l’Afrique du Sud à un bain de sang. Or, à sa sortie de prison, il s’est fait l’apôtre de la réconciliation de son pays, parfois en nageant à contre-courant des idées de ses propres frères de race ou de combat. Nelson Mandela est un prophète pour le monde entier. Personne n’aurait imaginé que le système abject de l’apartheid aurait pu accoucher d’une réconciliation entre Noirs et Blancs. Comme Martin Luther King et Rosa Parks, Mandela est une des icônes dont l’humanité, prise dans l’engrenage de la violence, a besoin pour croire que la réconciliation est possible. Nous nous inclinons devant ce grand homme dont le message devrait être enseigné dans les écoles », dit le Père Labour.