Sur le front de l’économie, deux facteurs, soit l’évolution du cours mondial du baril de pétrole et celle du taux de change de la roupie par rapport à l’euro, les deux allant dans le sens de la baisse mais avec des répercussions opposées, sont suivis avec appréhension. Mais en fin de semaine, la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de s’engager à fond dans le Quantitative Easing (QE) en vue de relancer la machine économique européenne, évitant une déflation, a augmenté les risques de dérapage.
Vendredi, l’euro, qui avait connu un redressement technique la veille en remontant juste au-dessus de la barre de Rs 38 (à l’achat), avait perdu en une nuit 60 sous pour être coté à Rs 37.41 (achat) ou Rs 36.36 (vente), soit le cours le plus bas de ces derniers mois. D’une année à l’autre, la monnaie européenne aura déprécié de 10% à l’achat de cette devise, un peu plus de Rs 4 par unité, passant de Rs 41.59 en janvier 2014 à Rs 37.41.
La glissade à venir du taux de change de l’euro fait craindre le pire aux exportateurs de biens et services, en particulier l’industrie touristique. Du côté du Joint Economic Committee (JEC), l’on concède sans ambages que « the euro is a very major issue on the very short term for the Mauritian economy », avec notamment des repercussions sur l’emploi.
Par contre, les consommateurs semblent  condamnés à ne tirer aucun profit de la baisse du cours mondial du pétrole, soit presque 60% au cours des derniers six mois. Outre le fait que le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a été catégorique dans son refus d’une nouvelle baisse des prix pétroliers à la pompe, le Central Electricity Board (CEB) réalise des bénéfices substantiels sur le prix du litre d’huile lourde. Avant la nouvelle baisse du début d’année, le CEB a vu une réduction de son coût d’opération de 22%. Toutefois, aucun changement favorable en faveur des abonnés du CEB dans la facture servie mensuellement.
Le taux de change de l’euro dans le sillage de l’annonce du remède de cheval de la BCE pour doper les économies en Europe, en dépit des objections de l’Allemagne, inquiète de plus en plus les opérateurs mauriciens, notamment ceux dans le secteur touristique et des exportations de textile et du Seafood Hub. Si le taux de change de l’euro à l’achat évolue sous la barre des Rs 40 depuis le début de novembre dernier, le taux de Rs 37.41 de vendredi est considéré comme étant « historically low » avec une nette accélération de la baisse, soit Re 1.73 en l’espace d’un mois.