Les trois associations représentant les marchands ambulants de la capitale rencontrent cet après-midi les conseillers de la municipalité de Port-Louis en vue de prendre connaissance des décisions du conseil pour leur relogement. Une rencontre accueillie favorablement par certains colporteurs qui y perçoivent un « heureux dénouement » alors que d’autres dénoncent l’inertie autour du projet. Pour le Lord-maire Aslam Hossenally, cette rencontre représente la « ligne droite finale » pour les milliers de marchands illégaux interdits de travail dans la capitale.
Depuis l’interdiction par la Cour suprême aux colporteurs de travailler dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central, un sentiment de révolte plane parmi eux. Le retard dans les décisions municipales, les conditions attachées au relogement des colporteurs sont les points noirs retenus par Salim Muthy, représentant d’une association de marchands de rue. « Seki lemer finn koze ek nou le 27 février nanie pann sanze li pann aprann nou nanie de nouvo », dit-il. Pourtant, pour le Lord-maire, la volonté politique est là, et les retards sont d’abord dûs à l’étude menée à la suite du projet de relogement. « Nos officiers étaient à pied d’oeuvre afin de recueillir les informations nécessaires pour distinguer les genuine hawkers des faux », dit-il. Aslam Hossenally ajoute que les enquêtes de l’inspectorat municipal après la soumission de documents concernant le deuxième exercice d’appel d’offres constituent la partie la plus délicate. Ce deuxième exercice a été lancé dans un souci de transparence pour recaser les colporteurs qui ne s’étaient pas enregistrés lors du premier Expression of Interest à la Gare Victoria et la Gare du Nord. Rappelons que ces deux sites ont été choisis en 2012 à la suite des nombreuses rencontres du Comité Technique présidé par le VPM Anil Bachoo, ministre des Infrastructures publiques. « Nous nous devions d’avancer prudemment sur ce terrain. Nous ne pouvons nous permettre de mettre à l’écart les genuine hawkers. C’est pourquoi la municipalité a pris du temps », explique le Lord-maire. Reste le problème du budget alloué pour l’aménagement des structures légères destinées aux colporteurs. « C’est Anil Bachoo qui doit se prononcer dessus. Nous attendons toujours une réponse de son ministère », soutient le Lord-maire, qui rappelle que de nombreuses correspondances au ministère sont restées sans réponse.
La réunion consultative prévue cet après-midi à 15 h 30 à la municipalité permettra aux porte-parole de la Street Vendors Association (SVA), de l’Association Marchands Ambulants du Nord  et de la Voice of Hawkers de prendre connaissance de la marche à suivre de ce dossier. Hyder Raman, président de la SVA, se réjouit de cette rencontre officielle avec le conseil. « Fer plizier mwa ki nou pe demann enn rankont avec Lord-maire pou ki nou expoz li sitiasion. Ek osi pou nou kone ki pe atann nou », dit-il. Selon nos informations, outre de recueillir les griefs des colporteurs, la réunion sera l’occasion de leur indiquer la date du tirage au sort, exercice qui aura lieu avant la fin du mois de mai. Salim Muthy insiste pour sa part sur la finalisation du projet. « Il est préférable d’attendre qu’Anil Bachoo donne les fonds nécessaires pour recaser les marchands, et non de les reloger peu à peu dans diverses zones en créant la cacophonie dans la capitale. Il est important que tout se fasse dans la discipline, quitte à retarder la date du tirage au sort », dit le travailleur social.