« Je serai guéri et je vous donne rendez-vous le 1er mai. » C’est par ce message d’espoir que Paul Bérenger, qui quitte le pays ce soir pour Paris, a tenu à saluer les centaines de militants massés dans la salle de fêtes de la municipalité de Quatre-Bornes samedi. C’était à l’occasion d’une assemblée de délégués « très spéciale », comme l’a souligné Arianne Navarre-Marie qui présidait la réunion.
L’émotion était à son comble lorsque Paul Bérenger a pris la parole après l’intervention de Rajesh Bhagwan et d’Alan Ganoo. Tous deux ont insisté sur le fait qu’on ne peut parler de l’île Maurice post-indépendance sans reconnaître le rôle du leader du MMM.
Accueilli au son de « Soldat Lalit Militant » et de longs applaudissements, Paul Bérenger a débuté son intervention par une note philosophique affirmant que tout le monde doit mourir un jour. Il a soutenu qu’il faut vivre dans l’honnêteté, la droiture et le respect des autres. « Nou pa fer fezer ar person. Nou kontan nou prosen. »
Entrant dans le vif du sujet, Paul Bérenger a lancé : « Nous n’avons pas à avoir peur du cancer. J’avais dit que 50 % des cas de cancer peuvent être guéris mais avec le progrès, c’est 60 % qui peuvent l’être. » Il a ainsi cité le cas de Ronald Reagan qui a été opéré du cancer à 74 ans et a vécu jusqu’à 93 ans. « Mais je n’ai pas l’intention de vivre jusqu’à cet âge », a-t-il soutenu.
Paul Bérenger a aussi état du vice-président du Zimbabwe décédé d’un cancer à 78 ans et de sir Marc David à 87 ans. « 10 % des gens meurent du cancer. Il ne faut pas en avoir peur. Mo pou gueri », a-t-il lancé sous des applaudissements. Et de poursuivre : « Nous avons découvert mon cancer très tôt. Nous prenons toutes les dispositions et mettons toutes les chances de notre côté. Mon courage et ma volonté de rester parmi vous sont là. Je ne vous demande pas de m’accompagner à l’aéroport mais de m’y accueillir à mon retour. Je vous donne rendez-vous le 1er mai. »
Paul Bérenger s’est dit touché par les nombreuses prières faites à son intention. Il a promis qu’à son retour, il reprendra le dossier sur le cancer pour le travailler à fond. « Cessez d’avoir peur du cancer », a-t-il dit. Il a terminé son discours en remerciant le peuple admirable. « Si ce n’est pas un peuple admirable qui le sera ? Lorsque j’avais parlé du peuple admirable, certaines personnes s’étaient moquées de moi. Mais dans tous les pays il y a des haut et des bas. Je vous remercie pour toutes les cérémonies de prières même si je peux y assister », a-t-il déclaré. Et d’ajouter :
« Je remercie les chirurgiens et ceux qui se sont occupés de ma gorge. Certains m’avaient conseillé de faire le test à l’étranger, mais je leur ai dit non. Je dis merci à tout le monde, surtout à mes proches qui me soutiennent et qui m’accompagnent chaque jour. »
Sur une note plus politique, Paul Bérenger a affirmé à l’intention des militants qu’il faudra travailler dans l’unité. « Il ne doit pas y avoir de tiraillement. Si zot kontan mwa, zot bisin veye ki pena oken tirayman. Il faut travailler avec enthousiasme et courage. » Il a rappelé que beaucoup de militants sont décédés, mais que cela ne changeait pas la lutte du MMM. « Notre lutte depuis 1969 repose sur cinq choses : non au communalisme, non au dominer, non à la corruption, oui à la justice sociale et droits des travailleurs et finalement, la lutte pour la complétion de notre indépendance. Tant que nous ne retrouvons pas les Chagos, l’indépendance ne sera pas complète », a-t-il expliqué. « Notre lutte s’inscrit dans le cadre de l’histoire du pays », a-t-il dit, rappelant qu’il est un des rares leaders à avoir fait le tour de Maurice pour parler de l’histoire du pays.
Pour Paul Bérenger rien ne change par rapport au Remake. « Pena koze koze avek travailliste. Je remercie Navin Ramgoolam qui a bien réagi en donnant un coup de main. Le Remake continuera à se consolider », a-t-il dit.
En raison de la foule présente dans la cour de la municipalité, Paul Bérenger a dû s’adresser un nouvelle fois à l’assistance avant de partir.