Une communication du ministère des Administrations régionales au Conseil municipal de Quatre-Bornes à l’effet qu’il doit s’attendre à une coupure budgétaire draconienne (près de Rs 42 M en moins pour l’exercice 2012-2013) semble avoir eu pour effet de faire réfléchir les conseillers municipaux de la Ville des fleurs. Ainsi, dans la crainte de ce coup de faux budgétaire, le conseiller travailliste Ramlugun a réussi à convaincre ses collègues de la nécessité de faire installer des capteurs d’énergie photovoltaïque sur tous les bâtiments municipaux.
Développant sa motion lors d’une séance du Conseil, vendredi, le conseiller Ramlugun a soutenu que la facture d’électricité annuelle de la corporation municipale de Quatre-Bornes atteint Rs 22 millions, soit quelque Rs 1,6 million par mois, et ce, alors que le recours à l’énergie solaire – encouragé d’ailleurs par le fonds Maurice Île Durable (MID) – pourrait permettre de faire des économies énormes qui seraient alors investies ailleurs.
« La ville de Quatre-Bornes abrite déjà le siège de la Mauritius Commercial Bank, qui est le premier immeuble du pays éclairé à l’énergie photovoltaïque. Ce système va profiter à la MCB pour, au moins, les 25 prochaines années. Pourquoi donc la municipalité ne pourrait-elle pas faire de même ? », a fait ressortir le conseiller. Ce dernier s’était donné la peine d’aller fouiller sur internet pour remonter jusqu’à Albert Einstein afin de démontrer les vertus des énergies renouvelables…
La démonstration de l’auteur de la motion a paru à un certain moment assez superflue, tant il donnait l’air de prêcher à des convaincus. Sauf que deux autres pairs de M. S. Ramlugun sont venus enlever quelque peu l’originalité de sa démarche. Il y a eu, d’abord, le conseiller travailliste N. Badree, qui est venu rappeler « qu’il y a trois ans une motion semblable avait déjà été débattue au sein d’un comité du Conseil et il était question que le gymnase municipal Ravin Soonarane, à Ébène, fonctionne entièrement à l’énergie photovoltaïque, mais à ce jour aucune suite n’a été donnée au projet par l’encadrement administratif « . « À l’époque, soit il y a trois ans, la facture d’électricité pour ce gymnase seulement coûtait Rs 300 000 à la municipalité », devait rappeler M. Badree.
À ce stade, on avait cru le débat sur l’énergie renouvelable clos, mais il encore fallu compter sur le conseiller et ancien maire travailliste Suren Appadu, très en verve vendredi dernier, avec la ferme intention de présenter quatre motions d’urgence auxquelles, toutefois, l’acting Chief Executive, M. P. Manna, a dû mettre un frein par l’intermédiaire de la mairesse, Mme Arianne Oxenham. Comme pour enfoncer le clou, M. Appadu a, lui, fait remarquer que « depuis plus de sept ans, le passage des bâtiments municipaux de l’électricité à l’énergie solaire et photovoltaïque avait déjà été discuté avec des experts français, mais la démarche s’était heurtée à des questions de procédures ». Le conseiller Appadu devait ensuite signaler que « la municipalité de Port Louis a déjà adopté le système photovoltaïque et que, si besoin était, il faudrait peut-être que Quatre-Bornes sollicite les connaissances de Port-Louis en la matière ».