L’organisation of Hotel, Private Club & Catering Workers Unity, affiliée à la Fédération des Travailleurs Unis, a tenu une manifestation pacifique hier matin devant l’hôtel La Plantation pour démontrer sa colère contre la direction à la suite du renvoi « injustifié » d’une employée, Sheila Touche.
Munis de pancartes portant des slogans tels que « Bizin revok bann inkonpetan », « Aret tret travayer kuma vie feray », « Bizin réintégrer Sheila Touche », « Minis travay pena drwa res trankil » et « Sheila Touche victime nouvo la lwa travay », entre autres, les membres du syndicat ont réclamé avec force la réintégration de Sheila Touche, qui était affectée à la cuisine. La direction de l’hôtel lui a remis sa lettre de licenciement « with immediate effect » le jeudi 18 août avec pour motif des « serious financial difficulties ».
Le syndicat allègue cependant que la décision de mettre à la porte Sheila Touche aurait été motivée par le chef du département de la cuisine de l’hôtel. Ce dernier aurait exigé une lettre d’absence auprès d’un employé qui revenait de congé maladie. L’employé aurait alors demandé conseil auprès de la déléguée syndicale Sheila Touche pour que celle-ci lui confirme s’il lui fallait ou non fournir pareil document. Après avoir consulté le négociateur du syndicat, Atma Shanto, la déléguée aurait rapporté ce cas au département des ressources humaines de l’établissement. Suite à cela, Sheila Touche a reçu sa lettre de licenciement.
Le syndicat soutient également qu’après le « renvoi injustifié » de Sheila Touche, l’établissement hôtelier continuait de recruter du personnel. Hier matin, au cours de cette manifestation pacifique, Atma Shanto, président du FTU, a affirmé que « la raison avancée par la direction de La Plantation ne tient pas la route. Nous considérons que ce renvoi est injustifié. À plusieurs reprises nous avons rencontré la direction de l’hôtel et elle devait nous donner officiellement une réponse par lettre concernant la réintégration de Sheila Touche. Nous sommes toujours en attente même si verbalement elle a fait comprendre que l’employée ne sera pas réintégrée. » Pour Atma Shanto, « la lutte continue » et des actions syndicales sont à prévoir à prochainement. Le Mauricien a essayé hier en début d’après-midi et ce matin d’avoir la version du responsable des ressources humaines de l’hôtel, mais ce dernier n’était pas sur son lieu de travail.
Atma Shanto devait faire ressortir que « ce qui se passe à La Plantation est un cas. Il y en a d’autres. La répression syndicale prend de l’ampleur à Maurice. Il y a toutes sortes de prétextes pour licencier les délégués syndicaux ». Le président de la FTU a aussi annoncé qu’une étude est en cours pour déterminer combien de délégués syndicaux ont été licenciés depuis 2008, soit depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi du travail.