La compagne « Mobilisation Maurice 19 » a raté sa mise à feu, samedi dernier au Port-Louis Waterfront. La faute à des agents de sécurité – dont un en particulier – qui a verbalement agressé les photographes présents et même bousculé physiquement un des deux photographes du groupe Le Mauricien dans l’exercice de leurs fonctions ! Ce qui est cependant dommage et surtout révoltant, c’est qu’une semaine après, le ministère de la Jeunesse et des Sports, principal organisateur de cette mobilisation, et encore moins le comité organisateur des Jeux des Iles (COJI), n’a émis de communiqué pour condamner cet incident ! En revanche, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint a minimisé l’incident et n’a pas trouvé mieux pour dire que «le problème est réglé» !

L’excès de zèle dont ont fait preuve les bouncers, samedi dernier, à l’égard des photographes de presse, a sérieusement mis à mal le MJS, organisateur de l’événement en collaboration avec le COJI, le Club Maurice Company et Hello Events, à qui on prête l’organisation du concert. Car ce qui devait être une interaction entre les diverses parties concernées, soit les athlètes et le public, considéré dans le football surtout comme le douzième homme, s’est finalement avéré être un match bouncers-photographes de presse. Heureusement, que la situation ne s’est pas détériorée davantage et que les esprits se soient ensuite calmés après l’intervention des officiers du MJS.

Espace de travail limité !

Selon des témoins de la scène, c’est lorsque des photographes de presse ont reproché à deux représentants de la station nationale de dresser un cordon, limitant ainsi leurs accès à l’estrade, que les choses ont dégénéré. Des bouncers s’y sont alors mêlés, dont un en particulier, qui ne voulait surtout pas entendre raison allant même jusqu’à proféré des menaces: «To koné are ki sann la to pe gayn zafer la ? » Un journaliste est alors intervenu pour faire comprendre que les photographes ne faisaient que leur travail, mais rien n’y fît.

Une photographe a même alerté le ministre Stephan Toussaint face à la menace que représentait cet individu. Malheureusement, ces incidents ont été banalisés par le ministre Stephan Toussaint lorsque Week- End lui a posé la question à l’issue d’une conférence de presse tenue mercredi après-midi au siège de son ministère. «Je ne vais pas revenir avec ça. Vous savez comme d’habitude lorsqu’il y a le public, un système de sécurité est mis en place. Bon ok. C’est réglé et je ne vais pas revenir làdessus », s’est contenté de répondre le ministre. Stephan Toussaint a ensuite ajouté: «Ce n’est pas ça le plus important mon ami. Krouink est arrivé en hélicoptère et vous auriez dû montrer au moins cette photo.»

A moins que le ministre ne le sait pas, c’est justement la photo de la mascotte des JIOI arrivant en hélicoptère qui a accompagné le texte dans notre édition de dimanche dernier ! Ce qui est sûr cependant, c’est que la fête de samedi dernier a été gâchée par la présence des bouncers dont on ne comprend toujours pas l’utilité, mais aussi qui en avait la responsabilité. Car n’aurait-il pas été plus simple pour le MJS de solliciter uniquement la force policière pour cet événement d’intérêt national ?

Un président privilégié !

Ceux présents samedi au Port- Louis Waterfront n’ont également pas bien compris la présence plus que privilégié du président de l’Association mauricienne de handball (AMH), Ludovic Carré. Même s’il a avoué à notre photographe que les bouncers n’étaient pas sous sa responsabilité, on aurait bien aimé savoir la raison de sa présence en ce lieu précis et en quelle capacité agissait-il. D’autant qu’il s’est permis d’interpeller un photographe au tout début de la manifestation lui intimant même de présenter sa carte de presse !

On soulignera aussi, la présence de ce handballeur, improvisé photographe, qui contrairement aux professionnels accrédités de la presse écrite, ne s’était pas cantonné à un coin de l’estrade. Ce dernier avait toute la liberté de bouger là où bon lui semblait, sans être inquiété par les bouncers ! Comprenne qui pourra…

Comme une lettre à la poste

Ce qui est cependant dommage, c’est qu’une semaine après ces malheureux incidents, ni le MJS, ni le COJI, n’est venu de l’avant pour condamner l’excès de zèle dont les photographes ont eu à subir. Pourtant, on avait bien laissé entendre que la presse était un partenaire privilégié pour la mobilisation des Mauriciens vers les JIOI. Qui plus est, l’événement de samedi dernier n’était pas privé, mais visait bien à rassembler et unir la population derrière le quadricolore.

Raison pour laquelle, le discours «bros soulye» du pseudo maître de cérémonie, qui s’était improvisé en spécialiste de la matière sportive, était inapproprié pour l’occasion. « Mem ena pou kritik ou misye le minis, nou nou koné ou pe fer enn bon travay», a-t-il laissé entendre. Après les incidents de samedi dernier, il ne reste plus qu’à espérer que le MJS prendra les dispositions nécessaires pour que ce genre d’incident ne se reproduise plus, notamment lors de la prochaine mobilisation prévue pour 16 février à Mahébourg.