SONIA LEONG SON

Pour la plupart des gens, le bonheur, c’est d’avoir tout ce que l’on désire – le/la partenaire idéal(e), un travail qui rapporte suffisamment pour s’acheter la maison, la voiture, les voyages de ses rêves, pour avoir accès à des loisirs et payer la meilleure scolarité pour les enfants. De plus, si pour certains, être à l’abri de soucis de santé ou de drames, qui dérangeraient notre calme et paisible quotidien, rime souvent avec le bonheur parfait, pour d’autres, le bonheur total serait d’être capables de vivre de leur passion. Oui, tout cela semble bien légitime… et j’ai moi-même, pendant un moment, adhéré à cette vision du bonheur. Je croyais en effet l’avoir atteint à un certain moment de ma vie.

J’ai grandi dans une famille au sein de laquelle le sport était aussi naturel que respirer (ma tante Désirée était parmi les premières profs d’éducation physique pour jeunes filles à Maurice). Mon grand-père Donald, lui, infirmier de profession, avait une passion pour le tennis et la natation. Il avait appris à tous ses enfants les techniques qui ont fait de plusieurs d’entre eux d’excellents sportifs. Les autres étaient musiciens, chanteurs et danseurs. Donc, tout naturellement, je me suis mise au volley-ball et aux courses d’endurance au collège, et aussi à la planche à voile avec mon papa les week-ends. Tout cela me procurait beaucoup de joie. Mais ma passion, c’était la danse et, mon rêve, c’était de participer à un opéra rock, rêve qui s’est en effet réalisé lorsque j’ai participé au spectacle Jésus-Christ Superstar pendant le Festival de la Mer, en 1987.

Moi qui suis gaga devant les bébés et les enfants, j’ai aussi reçu la grâce extraordinaire de mettre au monde cinq merveilleux enfants. Cependant, plus j’atteignais ces “critères” de bonheur, plus je sentais qu’il y avait quelque chose qui m’échappait, que j’avais besoin de plus que ça pour combler ce vide qui persistait. Je ne pouvais toutefois mettre le doigt dessus. Je lisais beaucoup de livres sur la connaissance de soi, le développement personnel et m’intéressais aussi au monde ésotérique – le Feng shui, le Reiki et les horoscopes.
Paradoxalement, c’est quand j’ai traversé les épreuves les plus dures de ma vie, que j’ai pu trouver le vrai bonheur. Ne trouvant pas de réconfort dans les choses matérielles et le monde ésotérique, je me suis tout naturellement tournée vers Celui qu’on m’a toujours appris qu’il était le Bon Dieu, représenté par la Trinité – le Père, le fils Jésus et le Saint-Esprit.

À travers plusieurs retraites, enseignements, formations (je dois dire que nous sommes vraiment gâtés ici à Maurice), et aussi grâce aux accompagnements spirituels, j’ai commencé, de par mon cheminement, une relation personnelle avec ce Bon Dieu. À travers Sa bonne nouvelle et les moments d’intimité avec Lui, mon cœur s’est attaché de plus en plus à Lui et à son message de miséricorde, de paix et de justice.

J’ai été tellement touchée par Celui qui m’aime d’un Amour si miséricordieux, fou et illogique. J’étais bouleversée par ce sacrifice ultime de notre Dieu – il a envoyé Son fils unique, sans aucune tâche, s’incarner sur cette terre, non pas pour me juger, moi, pécheresse, mais pour que je sois sauvée et que j’ai la vie éternelle. La relation de foi, de confiance, d’abandon en Lui m’a procuré un détachement envers toutes les choses matérielles. Il suffisait de « chercher d’abord le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste nous sera donné de surcroît ».

J’ai compris que ce sentiment de plénitude, on l’atteint lorsqu’on accomplit ce pour quoi nous avons été créés, en adorant notre Dieu de tout notre cœur, de toute notre force, de toute notre âme et de tout notre esprit, et ce en aimant notre prochain comme soi-même. On atteint ce sentiment aussi en nous servant des dons et talents qu’Il nous a donnés, non seulement pour gagner notre pain quotidien, mais aussi pour Lui rendre gloire et les mettre au service de ceux qui sont dans le besoin.

Personnellement, je ressens une grande joie et satisfaction lorsque, de par mon métier de coach de fitness, les adhérents de mon centre viennent me faire part de leur appréciation, me dire comment ils se sentent mieux après quelques semaines de coaching. Mais le sentiment est tellement plus intense lorsque je me mets au service bénévolement pour animer des concerts chrétiens spirituels, des campagnes d’évangélisation ou des camps de jeunes, par exemple. C’est tellement vrai que l’on reçoit beaucoup plus lorsqu’on donne que lorsqu’on reçoit…

Avec Lui comme Papa et Berger, je ne manque vraiment de rien. Que demander de plus pour connaître le bonheur ? Le vrai bonheur, celui de se savoir aimé(e), malgré nos manquements, nos erreurs, nos faiblesses, ce bonheur qui nous donne le sentiment de plénitude qui va au-delà du sentiment de plaisir éphémère, qui peut même être vécu dans les situations les plus désespérées. Car, le bonheur n’équivaut pas nécessairement à l’absence de soucis, d’épreuves, de combats et de souffrances. La vie m’a aussi appris qu’à travers des moments difficiles, nous pouvons vivre des moments de grandes joies, notamment dans la solidarité des personnes merveilleuses qu’Il met sur notre route. Parfois, ce sont les membres de notre famille, d’autres fois, des frères et sœurs en Christ, et ça arrive aussi que ce soit des personnes d’autres religions ou croyances et étonnement, des fois, de parfaits étrangers, autour de nous, qui nous tendent la main, nous procurent une aide financière, une oreille attentive, une parole d’encouragement, des gestes de réconfort.

Pour conclure, je dirai que le bonheur peut se trouver dans le pré, ou ailleurs, aussi longtemps que nous Lui donnons le volant de notre vie.