YANNICK CORNET

Voici à nouveau sur le tapis un énième débat sur la réforme électorale à Maurice. On entend que le gouvernement va venir de l’avant avec une loi au parlement sur la réforme du système électoral mauricien. La question que tout citoyen doit se poser : pour une fois mon vote aura-t-il la même portée que celui de mon voisin ? 

Une vraie réforme passe impérativement par la valorisation du droit civique et par la pondération même du vote citoyen. Et pour cela, la hausse du nombre de représentants du peuple n’y apportera rien tant que nous demeurerons avec une réforme qui ne touche que le mode d’allocation des sièges. La vraie réforme passe par une refonte complète de notre système, à commencer par le redécoupage des circonscriptions et ensuite par le mode d’allocation des sièges.

Et il faut aussi que l’on a au centre de la réforme le citoyen et non la politique, car toute réforme impactera la vie des citoyens de cette République pour les 50 ans à venir au minimum ; et en tant que politiciens responsables, la majorité parlementaire, l’opposition et les partis extra-parlementaires doivent œuvrer de concert pour une réforme axée sur le citoyen mauricien. Et faire en sorte que la proposition offerte au peuple soit la plus inclusive et acceptée par la majorité de la population; au cas contraire cela sera un échec total et tous devront assumer cet échec devant l’histoire dans les années à venir.
Une vraie réforme suppose un processus d’amélioration du système existant et pour ce faire un vrai bilan du système actuel s’impose. Ce qui fonctionne correctement doit être conservé, voire amélioré, et les défaillances corrigées. Car l’option « efase refer » nous conduira à l’échec, et l’île Maurice ne peut se le permettre. 

Il faut donc que l’on mette un terme à l’hypocrisie et l’hystérie, et que nous ayons le courage d’affronter la vérité et soupeser le système actuel avec son mode d’allocation des sièges First-Past-the-Post (FPTP), le Best Loser System et les délimitations des circonscriptions. Que l’on prenne en compte les différents rapports sur la réforme électorale et les constatations adoptées le 27 juillet 2012 par le Comité des Droits de l’Homme suite à la Communication n° 1744/2007 de Rezistans ek Alternativ dans le but d’avoir une ébauche de réforme inclusive et qu’ensuite cette proposition de réforme soit débattue largement auprès de la population; qu’un référendum soit effectué pour que la population dans son ensemble puisse décider de la mise à exécution de cette proposition de réforme ou non !
Ce n’est que par le biais de ce processus démocratique, équitable et juste que l’on pourra au final générer une réforme électorale pérenne et durable pour notre pays cosmopolite car, je le rappelle, nous n’avons pas le droit moral ou éthique de s’inscrire dans une réforme au petit bonheur.

J’invite toute la classe politique, les associations citoyennes et la société civile dans son ensemble à assumer leurs responsabilités dans ce débat ; il s’agit de notre avenir mais surtout de celui des générations futures et nous nous devons d’y réussir ; l’histoire nous jugera.