La livraison du tronçon entre Rose-Hill et Quatre-Bornes en décembre remise en cause

Qu’ils soient d’ordre privé ou public, les grands chantiers de construction sont tous à l’arrêt en raison de l’épidémie du coronavirus. Les travaux concernant deux projets figurant à l’agenda du Road Decongestion Program, en l’occurrence, l’autopont de Pont-Fer – Jumbo – Dowlut et celui reliant Coromandel à Sorèze sont amenés à redémarrer dès la levée graduelle du confinement,  indiquent les autorités concernées. Idem en ce qui concerne le Victoria Urban Terminal et de la phase 2 du Metro Express. Avant de réintégrer les chantiers, les ouvriers devront se familiariser avec les nouvelles règles sanitaires.

Les constructeurs ayant interrompu leurs chantiers à l’annonce des premières mesures de confinement, le 20 mars dernier, enclenchent la machinerie de la reprise. Les entreprises doivent, au préalable, obtenir un permis de travail du ministère des Infrastructures publiques (MPI) pour opérer. Une source au sein du ministère nous confie que « l’obtention de permis de travail n’est qu’une simple étape à franchir pour ce secteur qui constitue la locomotive de la reprise économique du pays. C’est l’épineuse question des gestes barrières et sanitaires qui est en première ligne des discussions ». En effet, si les petits chantiers mobilisent peu d’ouvriers, à grande échelle, les contacts humains sont nombreux. « Les réunions entre les hauts cadres de la National Development Unit (NDU), la Road Developement Authority (RDA) et la Ministry of Public Infrastructure (MPI) se succèdent pour échafauder un plan solide afin d’assurer les conditions sanitaires adéquates aux personnels », indique notre interlocuteur.

Les autorités ont par ailleurs dressé une liste des chantiers d’urgence pour une reprise. Un consensus a été trouvé afin que les chantiers de grande envergure redémarrent au plus vite. C’est le cas notamment en ce qui concerne la construction de l’autopont de Pont-Fer-Jumbo-Dowlut, qui comprendra, à l’issue des travaux, 3,5 km de routes à deux voies ainsi que trois viaducs. La date du lundi 18 mai est donnée comme la plus probable pour la reprise. « Le site aurait dû être livré à la fin du mois d’avril. C’est la raison pour laquelle le consortium Transinvest-GCC-Bouygues TP mettra les bouchées doubles pour terminer les ouvrages dans les plus brefs délais », souligne-t-on au MPI. Malgré le retard dans la livraison du site, le consortium n’aura pas pour autant à s’acquitter du versement de dommages et intérêts à l’état qui, par résolution contractuelle, considère le coronavirus comme un cas de force majeure pour les entreprises.

Pas de versement de dommages

Cette clause est également incluse dans l’autre contrat alloué à Transinvest-GCC-Bouygues TP dans le cadre de la construction de l’autopont reliant Sorèze à Coromandel. La livraison de ce chantier est prévue en août 2020. Or, il est peu probable que cette date butoir soit respectée dans la mesure où avant le coronavirus cette année, un autre accro avait retardé le démarrage des travaux dans la falaise de la Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO) où seront érigés les piles du pont qui reliera Sorèze à Coromandel. à la suite de la publication du rapport des experts de la Korean Expressway Corporation, en 2018, sur des risques de glissement de terrain sur le site, le début des ouvrages a dû être repoussé en maintes occasions. « Avec la perspective d’une reprise dans les jours à venir, nous sommes confiants de pouvoir compléter ce projet, ainsi que celui de Phoenix, avant novembre 2020 pour leur inauguration prévue le même mois », indique-t-on, du côté du MPI.

Les travaux pour la phase 2 du Metro Express devaient également reprendre « une fois notre notre permis de travail en main », selon un cadre de Metro Express Ltd (MEL), qui souligne que « la livraison du tracé entre Rose-Hill et Quatre-Bornes en décembre 2020 est remise en cause, sauf que le rythme des travaux sur les différents chantiers s’accéléreront – quand le virus aura complètement disparu – dans l’optique de combler le retard accumulé ces dernières semaines  » Les ouvriers de Larsen & Toubro (L & T) seront de facto mobilisés sept jours sur sept et seront appelés à mettre les bouchées doubles jusqu’à tard dans la nuit et jusqu’aux petites heures du matin en dehors des zones résidentielles. Notre source à MEL souligne que « l’inactivité générale actuelle aura probablement une conséquence sur la date butoir de la fin des travaux à Curepipe en décembre 2021. Mais attendons voir ».

Les travaux du projet de Victoria Urban Terminal reprendront également. Un comité, présidé par Anwar Husnoo, vice-Premier ministre, ministre des Collectivités locales, de la Gestion des catastrophes et des risques se penche actuellement sur toute la question.