Les échos recueillis de sources bien renseignées au sein du Parti travailliste confirment que des voix dissidentes se sont fait entendre par rapport au projet d’alliance électorale avec le MMM en vue des Snap General Elections. Au moins, trois ministres en l’occurrence Hervé Aimée, Vasant Bunwaree et Rajesh Jeetah ont fait état de leurs réserves quant à la nouvelle démarche politique du leader du Ptr. D’autre part, il est de plus en plus question qu’un ancien Speaker de l’Assemblée nationale et l’actuel pourraient se retrouver à labourer le terrain électoral pour un éventuel Comeback sur le Frontbench à l’Assemblée nationale avec la constitution du nouveau gouvernement issu des prochaines élections.
Des recoupements d’informations auprès des membres présents aux délibérations du bureau politique d’hier indiquent que le ministre des Administrations régionales et député de la circonscription de Savanne/Rivière-Noire, Hervé Aimée a confirmé son désaccord au sujet de cette alliance rouge-mauve. Pour rendre hommage à son franc-parler, il se serait même permis de souligner : « Ki fer nou pa rod enn lalyans avek MSM? »
Pour des membres de cette instance dirigeante du Labour, la prise de position de Hervé Aimée ne constitue nullement une surprise même si à un certain moment, l’on aurait pu croire que le principal concerné aurait regagné les rangs sur cette question d’alliance. Finalement, sa prise de position lors des débats d’hier a confirmé, aux dires de ses camarades en faveur de l’alliance PTr-MMM, que « le ministre des Administrations régionales est en déphasage avec les développements politiques ».
Les ministres de l’Education, Vasant Bunwaree, et de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah, qui ont été les cibles privilégiées de l’opposition MMM à l’Assemblée nationale, ont également fait part de leurs réserves. A un moment, au cours de son intervention, le ministre Bunwaree s’est demandé « eski pe bien fer mem la ? Eski sa zafer lalyans avek MMM enn bon zafer sa ? »
Des sources proches du Parti travailliste avancent que la teneur des questions et des points soulevés par ces ministres confirment qu’ils sont mal à l’aise dans la nouvelle configuration politique tout en évitant de s’aventurer à commenter le prochain Move politique des concernés, supputant par là même que le ministre Jeetah ne devrait pas opposer une aussi forte résistance à cette alliance. De leur côté, le Deputy Prime Minister et leader adjoint du Labour, Rashid Beebeejaun, et la ministre Sheila Bappoo ont préféré se la jouer « Low Profile » en prélude à un départ à la retraite de la scène politique.
D’autres parlementaires rouges, dont la position pourrait être menacée par la redistribution des cartes politiques entre le PTr et le MMM au niveau des circonscriptions, commencent à s’interroger à leur sujet. Avec la formule 30/30 pour les investitures entre les deux partis, il faudra s’attendre à voir la proportion de 2/1 dans dix circonscriptions pour le Parti travailliste et la même formule dans dix autres en faveur du MMM, certains Sitting Members pourront soit être envoyés dans d’autres régions soit laissés sur la touche avec l’arrivée de nouvelles têtes, dont Fabrice David, le fils de l’ancien Die-hard du Labour, James Burty David, au N° 1 (Grande-Rivière-Nord-Ouest/Port-Louis Ouest) ou encore Me Ramphul, un proche parent du président de la république au N° 12 (Mahébourg/Plaine-Magnien).
D’autre part, l’actuel Speaker et un ancien pourraient se voir confier d’importantes responsabilités au sein de la nouvelle hiérarchie gouvernementale. Il est question que le président de l’Assemblée nationale, Razack Peeroo, soit candidat aux prochaines élections générales pour occuper une des places disponibles sur le Front Bench du gouvernement, soit après celui qui sera désigné comme le nouveau leader du parti Travailliste après le départ de Navin Ramgoolam pour la State House au Réduit.
Le comeback dans l’arène politique de l’autre ancien Speaker du Parlement est en décalé car sa candidature ne pourrait être annoncée qu’après la démission de Navin Ramgoolam de l’Assemblée nationale et son élection en tant que président sous la IIe République. Cette option a pour objectif de tempérer les ardeurs au sujet de la succession de Navin Ramgoolam.
Cette personnalité politique, bénéficiant d’un avis extrêmement favorable au sein du MMM également, sera à même de renvoyer dos-à-dos les plus sérieux prétendants Arvin Boolell et Anil Bachoo compte tenu de son Track record au sein du Parti travailliste. Mais des interrogations se posent quant à son état de santé. Néanmoins, au sein du Labour, on repousse cette éventualité d’un revers de la main en soutenant par rapport à la succession au leadership que « we’ll cross that bridge when well come to it ».
La réunion de l’exécutif du Parti travailliste fixée pour la semaine prochaine devra décanter la situation davantage par rapport à l’alliance PTr/MMM….