La police réunionnaise présentant le butin à la presse

Deux habitants de Grand-Gaube, le propriétaire d’un speedboat et un skipper inculpés pour « aiding and abeiting of a crime to the importation of cannabis ».

La connexion politique de Sunil Dowlut pourrait constituer une nouvelle piste pour démanteler le réseau de Grand-Gaube.

Les Mauriciens Cedric Lebon et Cyril Lefronte ont pris l’avion pour La Réunion deux jours avant cette saisie.

L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) dispose de certaines informations selon lesquelles un trafiquant de drogue, connu comme Frankie, serait impliqué dans l’affaire de saisie de 142 kg de gandia à l’île sœur. Ce réseau, très discret et ayant pour base la région de Grand-Gaube, est connu pour alimenter le nord de l’île en gandia « de bonne qualité ». Les clients de ce réseau sont principalement des noctambules et des touristes car le zamal coûte plus cher que le cannabis, planté à Maurice.

Comme mentionné dans l’édition du Week-End du 2 juin, l’ADSU soupçonnait un réseau de drogue opérant dans la région de Grand-Gaube d’être derrière l’importation ratée de 142 kg de zamal saisis à La Réunion dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Le hors-bord sans nom, à bord duquel devaient être embarqués les dix sacs de sport contenant la drogue, avait réussi à semer la gendarmerie réunionnaise, qui ne disposait pas de logistique en mer.

Même avec le déplacement du DCP Choolun Bhojoo à l’île sœur, où des instructions ont été données à la National Coast Guard (NCG) et à l’Helicopter Squadron de patrouiller la zone côtière, surtout à l’Ouest, le fuyard est parvenu à tromper la vigilance des autorités pour regagner tranquillement le pays. Au moins deux suspects ont mis pied à terre à Flic-en-Flac. Or, ce n’est que lundi que la brigade anti-drogue a reçu des informations de La Réunion concernant le propriétaire du hors-bord après qu’un des six suspects en détention à l’île sœur est passé à table. Finalement, l’embarcation a été retrouvée abandonnée à Flic-en-Flac.

Une opération a été menée dans l’après-midi, quand la police a mis la main sur son propriétaire, Steeve Nicolas Mariette, appréhendé à Grand-Gaube. Ce dernier a nié toute implication dans ce trafic de drogue, avançant avoir « loué l’embarcation à un individu ». Et d’ajouter n’être « pas allé à La Réunion la semaine dernière » et que « mes proches peuvent confirmer mon alibi ». Malgré sa brève déclaration à l’équipe du surintendant Imembaccus, il a été placé en détention.

Un deuxième suspect, Sunil Krishna Dowlut, âgé de 24 ans, a été arrêté lors de cette opération policière. La connexion politique des Dowlut, nom très connu dans le Nord, avec également des liens familiaux à la Réunion et la gestion des catamarans, devrait relancer l’intérêt dans le réseau de Grand’Gaube. Les limiers de l’ADSU soupçonnent qu’il aurait été à la barre du hors-bord et qu’il aurait agi sous les instructions de Steeve Mariette. Lui aussi a nié les accusations portées contre lui. Un dénommé Steeve Jacques L. a, lui, été relâché après l’enquête mardi soir.

Les deux autres suspects ont comparu hier devant la Bail and Remand Court, où une charge provisoire de “aiding and abeiting of a crime to the importation of cannabis” a été retenue contre eux. L’Adsu a objecté à leur remise en liberté conditionnelle, évoquant les risques “d’absconding”, de “re-offending” et “d’interfering with evidence”. De plus, la police a logé un “prohibition order” pour que le duo ne puisse pas quitter le pays aussi longtemps que l’enquête est en cours. Les deux seront présentés devant la cour de Mapou ce jeudi. La police a également saisi leurs cellulaires, qui seront inspectés pour savoir où et avec qui ils étaient en communication depuis la semaine dernière.

Le suspect Steeve Nicolas Mariette a retenu les services des Mes Sanjeev Teeluckdharry et Anoup Goodary. Ce dernier demande au public « de ne pas salir la réputation » de son client. « Mo kliyan pa ankor donn lanket ki pou fer “under camera”. Kapav li pena narnye a fer ladan. Seki mo pe konpran, li zis enn proprieter bato ek li repar bato. Pa plis ki sa. Avek letan nou pou realize li pena narnyen a fer avek sa. Les lanket swiv so kour », a dit l’avocat. L’Adsu prévoit d’autres interpellations bientôt.

Par ailleurs, les quatre Mauriciens arrêtés à La Réunion ont été présentés mardi après-midi devant le tribunal de Grande Instance de St-Denis, où ils sont provisoirement accusés de trafic de stupéfiants. Deux d’entre eux résident à La Réunion, tandis que les deux autres ont pris l’avion jeudi dernier pour rejoindre leurs complices.

Cedric Lebon et Cyril Lefronte sont deux plongeurs professionnels, qui habitent la région de Souillac. Selon l’Adsu, leurs proches « n’étaient pas au courant » de leurs déplacements à l’île sœur. La police soupçonne qu’ils avaient une grosse somme d’argent en leur possession afin de payer le fournisseur de zamal. Elle pense aussi que les suspects devaient aider à transporter et embarquer la drogue dans le speedboat mais ne devaient pas monter à bord pour quitter clandestinement La Réunion, et ce pour ne pas éveiller les soupçons des autorités. Les deux autres Mauriciens, établis ♪à l’île sœur, avaient pour tâche de faire la liaison entre le cultivateur et le fournisseur. Il se pourrait que les autres Mauriciens et les deux Réunionnais arrêtés samedi soient confrontés à un procès rapide devant la justice réunionnaise.

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