La Bourse de Maurice devrait au cours des prochaines années s’ouvrir davantage à l’international avec la cotation de fonds internationaux, de titres de créances spécialisés émis par des sociétés étrangères ainsi que de fonds ciblant principalement le marché africain. C’est du moins ce qu’entrevoit le Chief Executive de la Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM), Sunil Benimadhu, interviewé par le magazine de la South Asian Federation of Exchanges (SAFE).
La Bourse de Maurice figure en très bonne place dans l’édition de janvier 2012 de la publication de SAFE où il est aussi question de la création d’une structure opérationnelle appropriée pour le trading des titres à moyen et long termes (bons du Trésor et obligations, plus précisément) émis par le gouvernement.
Interrogé par le secrétariat de SAFE (regroupement des Bourses et marchés de capitaux d’Asie du sud dont l’Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, les Maldives, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh et Abu Dhabi), Sunil Benimadhu, s’exprimant sur les développements attendus au niveau du marché boursier local au cours des prochaines années, souligne que la SEM continuera à renforcer ses bases tout en maintenant le tempo concernant sa stratégie visant à passer d’un marché axé sur la cotation des titres émis par des sociétés locales à un marché proposant une multiplication de valeurs internationales. « Five years down the road, the split of listings on SEM is expected to consist of more international funds, international issuers, specialized debt instruments, Africa-focused ETF’s and other structured products », dit-il. Le CEO de la SEM s’attend également à ce que la valeur totale des transactions pour les produits dont le règlement se fera en dollars, en euros et en livres sterling augmente dans le temps, confirmant ainsi le statut international de la Bourse de Maurice.
Sunil Benimadhu annonce également que la SEM a collaboré étroitement avec la Banque de Maurice et les banques commerciales en vue de mettre sur pied une plateforme facilitant la cotation et l’échange des titres à moyen et long termes émis par le gouvernement. « The operational framework of this market has been already finalised », indique-t-il, précisant que les banques commerciales détenant un permis de Primary Dealers délivré par la banque centrale agiront comme des Market Makers en vue d’assurer la liquidité du marché. Une telle initiative, estime-t-il, contribuera à la création d’une courbe de rendement et donnera un coup de pouce à la création d’un marché secondaire actif pour les obligations émises par des entreprises privées.
Le développement de la plateforme technologique de la SEM figure aussi parmi les projets à moyen terme. Une nouvelle version du système de trading, le SEMATS, est à l’étude. Ce système incorporera des éléments technologiques plus avancés et facilitera le lancement de nouveaux produits tels les produits dérivés ou structurés. Il aidera aussi dans l’interface avec des systèmes étrangers dont celui des vendeurs de données boursières.
La Bourse, rappelle Sunil Benimadhu, continuera sa campagne de sensibilisation du grand public en faveur du développement d’une forte culture d’investissement. La SEM se fixe l’objectif d’avoir un salarié sur quatre comme actionnaire dans une valeur boursière. La direction se propose en outre de consolider ses relations avec les différentes associations de bourses régionales.
Par ailleurs, le CEO de la SEM évoque dans son interview les initiatives prises pour améliorer la compétitivité du marché boursier local. Outre les modifications apportées aux règles de cotation pour faire de la place aux fonds globaux et la possibilité de coter des produits libellés en dollars, euros et livres sterling, la Bourse de Maurice s’est dotée d’une nouvelle identité visuelle à travers un site web relooké et offrant des informations pointues et rapides aux investisseurs.
La SEM, soutient Sunil Benimadhu, est en mesure d’apporter sa contribution à la vision de transformer Maurice en un hub liant l’Europe, les États-Unis et l’Afrique.