Le Professeur David Vaughan, directeur des sciences au British Antarctic Survey (BAS) et Honorary Professor à la Swansea University, au Royaume-Uni, a donné hier une conférence à la State House sur le thème « Climate change : from ice to high seas, the changing risk of coastal flooding and other dangers for island State and the world ». Le scientifique a plaidé pour la mise en place de mesures d’adaptation contre la montée des eaux des océans dans le cadre du changement climatique.
D’entrée en matière lors d’une causerie à la State House, le Pr David Vaughan a expliqué que le niveau des océans n’a jamais été statique — il monte quand la mer est plus chaude, quand les calottes glaciaires perdent leur glace et quand les terres s’affaissent. « Mais le plus important, c’est l’impact local que la montée des eaux peut avoir sur les populations et les infrastructures côtières », dit-il. Ces dernières années, « on a remarqué que la montée du niveau de la mer s’est accélérée », a poursuivi le directeur des sciences au BAS, l’opérateur national britannique en Antarctique. Le BAS s’inscrit dans le cadre du Natural Environment Research Council, compte plus de 400 employés et exploite cinq stations de recherche, deux navires brise-glace ainsi que cinq aéronefs à proximité et en Antarctique.
Les chiffres de la montée des eaux font état de « quelque 3,2 mm par an, soit 3 cm en une décennie et 30 cm en un siècle. Cela peut paraître dérisoire, mais l’impact peut être très sérieux », s’est alarmé le directeur des sciences au BAS. Analysant les données recueillies pour la période 1993 et 2012, le Pr Vaughan a affirmé que l’impact de cette montée des eaux des océans n’est pas le même partout dans le monde. « Cela dépend de la proximité des infrastructures des côtes et de facteurs climatiques, comme El Niño, entre autres ». El Niño, pour info, est un phénomène climatique qui se traduit par une hausse de la température à la surface de l’eau à l’est de l’océan Pacifique, autour de l’équateur. Pour étayer ses dires, le Pr Vaughan a parlé de l’impact du phénomène de la montée des eux sur les côtes irlandaises et écossaises, qui offrent, estime-t-il, des caractéristiques écologiques uniques. « Quoi qu’il en soit, 75 % des lignes côtières connaissent ou connaîtront la montée des eaux de la mer ».
Afin de contenir cette montée des eaux, l’orateur a plaidé pour des mesures d’adaptation côtière telles que la barrière de la Tamise (en aval de Londres sur la Tamise) et celle de l’Oosterscheldekering (aux Pays-Bas). Ces barrières ont été installées pour empêcher ces villes d’être inondées par les marées et les tempêtes maritimes. Le Pr Vaughan a soutenu aussi le recueil de données statistiques dans le but de déterminer où, quand et comment installer ces barrières.