C’est en début de soirée, hier, que Navin Ramgoolam a remis sa démission au président de la République, tirant ainsi sa révérence après neuf années au pouvoir. A ce stade, le leader des Rouges soutient «ne pas vouloir faire de blaming game». Le Bureau politique du PTr devra se rencontrer dans les prochains jours et le renouvellement du parti est prévu, comme à l’accoutumée, pour le mois de février, suivant le congrès annuel du Labour, dit-il.
Vêtu d’un complet noir et d’une cravate grenat, la main dans la poche, c’est nonchalamment que l’ex-Premier ministre — après un entretien d’une heure avec le président de la République, Kailash Purryag — s’est dirigé vers les journalistes présents à la State House. D’une voix sobre, il devait déclarer : «Voilà, comme prévu, j’ai remis ma démission au Président de la République.» Et ajouter, d’une voix encore plus calme : «Je félicite le nouveau Premier ministre et je souhaite bonne chance au nouveau gouvernement.»
Interrogé sur ses projets politiques à ce stade de sa carrière, où il accuse une défaite de son parti, et une défaite personnelle en n’étant pas un élu, le leader du PTr a répondu : «Je n’entrerai pas dans un blaming game.» Il indique qu’il réunira son Bureau politique dans les prochains jours et le parti compte passer en revue la situation. Invité par la presse à commenter les propos du leader du MMM, Paul Bérenger, qui place la défaite de l’alliance PTr-MMM sur le dos de Navin Ramgoolam, l’ex-Premier ministre insiste à nouveau qu’il «ne souhaite pas entrer dans aucun blaming game». Il laisse entendre que si les rouges connaissent déjà quelques-unes des raisons qui ont mené à la défaite du PTr, «un comité sera institué pour analyser la situation». Par la suite, dit-il, les rouges tiendront, comme d’habitude, leur congrès annuel en février et procéderont, comme c’est toujours le cas, au renouvellement du parti.
Navin Ramgoolam s’est ensuite engouffrée dans sa BMW, pour s’en aller, suivi pour la dernière fois de ses riders.