Six jours depuis son retour de mission à l’étranger, le Premier ministre, Navin Ramgoolam s’est engagé dans une double sortie, hier, pour marquer le dénouement de la crise politique qui secoue l’Alliance de l’Avenir depuis l’arrestation de l’ancienne ministre Maya Hanoomanjee par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). D’abord, une déclaration à la presse au Prime Minister’s Office et ensuite une allocution radiotélévisée à l’heure de pointe, hier soir. Il s’en est pris frontalement à l’ex-ministre et au président du MSM, Showkutally Soodhun, et l’a présenté comme une »image méprisable » de la politique suite à la dénonciation du leader de l’opposition Paul Bérenger, de la source ministérielle dans des allégations sur le scandale MedPoint. En pas moins de quatre occasions publiques au cours de la semaine écoulée, le PM a martelé la thèse que l’ICAC doit pouvoir travailler en toute indépendance et en toute sérénité.
Que ce soit face à la presse, sans le volet des questions/réponses promis à son retour de visite officielle au Botswana, ou à la télévision, Navin Ramgoolam a malmené Showkutally Soodhun pour son rôle dans les allégations à son encontre au sujet des directives pour un deuxième exercice d’évaluation de la clinique MedPoint.
« Depuis vendredi, la population a appris que le leader de l’opposition a révélé à l’ICAC que c’est un ancien ministre MSM et, de surcroît, président du MSM, qui est l’auteur d’allégations révoltantes, fausses, méprisables et d’une extrême gravité contre mon intégrité en tant que Premier ministre. Eski ou rende ou kompt de sa? Ene minis dan mo guvernma qui donne fos renseignma au leader de l’opposition? Sa li ène kondwit immoral et méprisab. Sé ène imaz méprisab de la politik, ki décourage les jeunes à s’engager en politique », s’est appesanti Navin Ramgoolam lors des deux dernières sorties. 
Le PM s’est étonné qu’un peu moins de 24 heures après cette dénonciation officielle à l’ICAC, aucune réaction n’a été notée du côté du MSM. « Pa fine énan okenn réplik, dénonsyasyon ou aksyon », a-t-il ajouté. L’épisode Soodhun est venu s’ajouter aux graves problèmes découlant de la démission des 6 ministres MSM et de la composition revue et corrigée par la présidence de la république de la Public Service Commission en début de semaine.
Le leader de l’Alliance de l’Avenir a également commenté le motif principal derrière le départ en bloc des ministres MSM du gouvernement. « La raison derrière cette démission est que le MSM n’était pas d’accord avec le traitement infligé par l’ICAC à Maya Hanoomanjee, arrêtée et inculpée dans l’enquête sur le dossier de MedPoint. Dès mon retour au pays, j’ai fait comprendre à toute la population que nous devrons laisser les institutions fonctionner en toute indépendance et en toute sérénité. Zamé ki appel zamé mo pou ingère moi dans fonctionnement bann institutions », a-t-il souligné.
Navin Ramgoolam est revenu publiquement avec ce message comme un véritable leitmotiv, soit en pas moins de quatre occasions – avec un communiqué officiel émis lundi dernier, avant de recevoir le leader du MSM, lors de la réunion des parlementaires du Labour et du PMSD à Clarisse House –, mercredi après-midi et deux fois dans la journée d’hier en ajoutant que « j’accorde toute ma confiance et mon soutien à des institutions du pays ». Il a indiqué que Maurice bénéficie du respect du monde entier avec le fonctionnement démocratique des institutions du pays. « Nou bann institisyon li kapital pu le bon fonsyinema de la démokrati », a-t-il dit.
Sans citer le nom de l’ancien vice-PM et ministre des Finances, le PM l’a égratigné en faisant allusion à la grave crise économique dans la zone Euro. « Lémond pe traverse ène de pli grav kriz ékonomik. Nou bizin reste vigilant. Dan sa bann moma de danzé, li kapital ki tout dimoune ki éna pos de responsabilité konsantré dan zot travay », a-t-il lancé à l’emporte-pièce.
En conclusion, Navin Ramgoolam a annoncé la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale pour »l’épanouissement de tous les Mauriciens » tout en faisant appel à la coopération et à la collaboration de tout un chacun.