L’émission sur la première chaîne de la station de télévision nationale, MBC 1, hier soir, intitulée BAI – La vérité, a ouvert un nouveau front, à savoir les contributions financières de Dawood Rawat aux partis politiques tout en confirmant le Financial footprint du groupe BAI dans les médias. Ce dossier, avec la présence des membres du public, principalement des victimes et des employés du groupe BAI sur le plateau, a permis aux ministres des Finances et des Services financiers, respectivement Vishnu Lutchmeenaraidoo et Roshi Bhadain, de faire le point sur le BAI Ponzi Scheme avec un préjudice global de quelque Rs 23 milliards et de rappeler les différentes mesures adoptées par le gouvernement pour alléger les difficultés des clients et des employés de l’empire Rawat en général.
Au début de ce show à la télévision, qui a duré deux heures et vingt-cinq minutes, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, dans une déclaration préenregistrée en début d’après-midi, est venu ouvrir les débats sur les contributions financières de Dawood Rawat et du groupe BAI aux partis politiques lors des campagnes électorales. Subséquemment, le ministre Bhadain est venu de l’avant avec la projection sur le petit écran d’un graphique au sujet du détournement de Rs 100 millions en date du 6 novembre dernier tout en désignant les bénéficiaires allégués Dawood Rawat dans un compte chez Schroders à Jersey, Rs 750 000 à un député siégeant actuellement dans l’opposition et Rs 10 millions au MMM.
« Mo finn ena bon relasyon avec Dawood Rawat (avec un lapsus, “David”). Nou koze. Nou riye kuma de bons amis. Sak eleksyon zeneral, Dawood Rawat volonterma ti pe vine kontribue. Zame li ti depass Rs 200 000 ou Rs 250 000 », devait déclarer sir Anerood. Il devait ajouter qu’en apprenant que Dawood Rawat était souffrant, lui et Showkutally Soodhun lui avaient rendu visite « pou pran so nouvel ek sinpatiz ar li ».
Sur le fond du scandale financier BAI, le Premier ministre devait également s’en prendre à Reza Uteem et Adil Ameer Meea « ki pe amenn enn kanpagn infek ». Il a aussi fait état de la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, sur le problème de la BAI lors de la précédente législature. « Eski kan Rawat ki pe bez larzan dimounn, eski li ti pe get pou ki larzan la ete ? Li pa ti pe fer okenn distinksyon », dit-il.
« Kan mo fine kone ki pe arive dan BAI, mem kalite zafer ki dan Trinidad, mo pa kapav less pei kule. Mo pa finn ezite pou pran desizyon. Mo inn sov nou pei ek mo fin miminiz les dégâts », devait encore faire comprendre le Premier ministre. De son côté, Roshi Bhadain a profité d’une question pour jeter un véritable pavé dans la mare politique du financement de la campagne électorale. Graphique à l’appui, il a “ singled out “ parmi d’autres cas les étapes d’un détournement de Rs 100 millions à la fin de l’année dernière. « En novembre de l’année dernière, il y a eu trois transactions, soit Rs 20 millions puisées de Hennessy Capital, Rs 50 millions de Bramer Asset Management Ltd et Rs 30 millions de Bramer Bank. À travers un schéma bien établi, ces trois montants ont été appropriés par Dawood Rawat en transitant par BA Investment. De ces Rs 100 millions, Rs 89 millions ont été transférées dans un compte chez Schroders à Jersey, une somme de Rs 750 000 a été remise à un député siégeant dans l’opposition et Rs 10 millions au MMM en date du 6 novembre dernier », a déclaré en substance le ministre à la télévision. Le leader du MMM, Paul Bérenger, devrait réagir à ce sujet lors du point de presse hebdomadaire du jour.
Le ministre des Services financiers a ajouté que l’exercice d’Assets Recovery vise également à récupérer ces montants distribués et a promis de transmettre à la direction du MSM le souhait que les contributions de Dawood Rawat à ce parti soient retournées pour la compensation des victimes de l’arnaque BAI. L’attention du ministre a été attirée sur le fait que le MSM était en alliance avec le Parti travailliste en 2010, année où avait démarré le scandale du détournement de fonds. Toutefois, il devait lancer une flèche de Parthe à la presse en révélant que « Rs 71 millions inn al dan la presse. Sa cash-là aussi nou pou al rode ». Plus tard, il devait citer nommément les titres de presse qui auraient bénéficié de la générosité de Dawood Rawat avec les contributions des clients du groupe BAI.
Pour sa part, le ministre des Finances s’est cantonné aux aspects purement techniques du scandale financier en rappelant que depuis 2010, en tant que membre de la commission économique du MMM, il avait eu l’occasion de se pencher sur les dessous de l’affaire BAI. « Il y a un prix à payer pour éviter une crise sociale majeure », devait-il concéder à la question du coût des contribuables dans l’après-écroulement de l’empire Rawat.