C’est un sentiment de révolte qui anime les proches de Kistnamah Ramanjooloo, dont le corps sans vie a été retrouvé gisant dans une mare de sang dans sa boutique, située rue Jacarandas, à Terrasson, La Tour Koenig. Sa famille comptait lui faire une surprise ce samedi, où elle devait fêter ses 79 printemps, mais ce son finalement ses funérailles qui auront lieu ce jour-là. « Je ne comprends pas ce qui s’est passé. C’est un voisin qui a crié dans la rue que ma mère était morte », explique son fils, Nanda Ramanjooloo. Ce dernier n’a pu retenir ses larmes en apercevant le cadavre. « Tou lezour mo ti abitie all join li. Ziss azordi mo pann gagn letan… » se désole-il.  Aux dernières nouvelles, hier soir, les limiers de la police ont déjà procédé à l’arrestation de la suspecte, une dénommée Sharon, qui a déjà balancé le nom de ses deux complices, activement recherchés.
Selon les premiers éléments d’informations à la disposition de la police, le drame aurait pour origine un vol qui aurait mal tourné vendredi après-midi. Kistnamah Ramanjooloo habitait dans une maison se trouvant à côté de sa boutique alors que son fils, Nanda, sa belle-fille ainsi que ses petits enfants résidaient à l’arrière du commerce, dont le premier étage était vide. Pour assurer la sécurité de la septuagénaire, qui travaillait seule, ses proches avaient fait installer deux caméras de surveillance à l’entrée de la boutique. « Ma mère était très connue dans le voisinage. Elle aimait aider les gens à travers son commerce », explique son fils. C’est peu après 15h que le drame s’est déroulé.
La victime avait fermé son commerce mais un couple s’est présenté devant sa maison prétextant qu’ils voulaient acheter une bonbonne de gaz. La police soupçonne que les suspects ont utilisé ce stratagème pour commettre le vol. Comme attendu, Kistnamah Ramanjooloo a pris ses clés pour ouvrir la porte de la boutique. « Normalement, ce n’est pas dans son habitude de laisser entrer un client à l’intérieur l’après-midi. Elle les sert à travers une fenêtre », explique un proche. Profitant de la situation, les malfrats se sont introduits à l’intérieur avant d’agresser la vieille dame. Au cours de l’agression, la tête de la victime a alors heurté violemment le sol. Elle est morte sur le coup. Les agresseurs auraient pris la fuite en voiture.
La voisine, une présumée toxicomane, est sortie du commerce et s’est mise à pleurer. Elle a été emmenée au poste de police pour interrogatoire, d’autant qu’elle portait des traces de blessures aux mains, ce qui, selon la police, est un signe qu’elle aurait possiblement lutté avec quelqu’un. Alertée par un voisin, la police de La Tour Koenig a coordonné les opérations sur la scène de crime en attendant l’arrivée des enquêteurs de la Major Crime Investigation Team et de la Criminal Investigation Division de Port-Louis Sud. Plusieurs hauts gradés ont aussi fait le déplacement, dont le responsable du Central Criminal Investigation Department, l’ACP Devanand Reekoye, et l’ASP Sailesh Kumar Beehary. En examinant la cour de la suspecte, les éléments du Scene Of Crime Office (SOCO) sont tombés sur une bonbonne de gaz, un sabre ainsi qu’un casque intégral enveloppé dans un papier de journal. Même si les armes ne portaient aucune trace de sang, elles ont malgré tout été envoyées pour analyse au Forensic Science Laboratory (FSL).
Dans la soirée, les enquêteurs étaient à la recherche de trois hommes qui auraient participé à ce crime. Le commerce étant encore sens dessus dessous, la famille n’a pas encore pu effectuer un inventaire pour évaluer les produits emportés et le montant exact du préjudice. Une certaine somme d’argent semble toutefois avoir été emportée de la caisse. Entre-temps, sur l’instruction du Dr Sudesh Kumar Gungadin, chef du département médico-légal de la police, le corps de la victime a été transporté à la morgue en vue d’une autopsie.