Des policiers du poste de La Tour Koenig sont restés bouche bée lorsqu’ils ont contacté la Child Development Unit (CDU) après qu’un cas d’agression sexuelle allégué impliquant des mineurs d’un “shelter” a été rapporté. En effet, une responsable de l’Alternate Care Unit a informé que des officiers de la CDU « étaient à une fête » et qu’ils « ne pouvaient se déplacer ».

Selon nos renseignements, l’inspecteur de police de La Tour Koenig était « très remonté » par cette attitude et a quand même ouvert une enquête sur les allégations portées par les victimes, et ce tout en donnant des détails sur les différentes démarches que son équipe et lui ont faites pour pouvoir mettre la main sur les officiers du ministère. C’est vers 13h hier qu’une responsable de l’APU a conduit deux enfants âgés de 9 et 10 ans au poste, où ces derniers ont avancé que des ados du “shelter” leur ont fait subir des sévices sexuels. La police a emmené les petits à l’hôpital Jeetoo, à Port-Louis, où après un premier bilan de santé, ils ont été placés en observation dans une salle. Comme le veut la procédure, une équipe de la CDU doit rencontrer les mineurs pour savoir ce qui s’est passé. Ces derniers doivent aussi être assistés par un psychologue en cas de nécessité.

Dans la déposition, l’inspecteur de police dit avoir contacté un officier de la Family Welfare Protection et même la Permanent Secretary du ministère concerné car « la CDU tardait à venir ». Il a aussi indiqué que, peu après, un responsable de l’APU devait l’informer que les officiers de la CDU « étaient à une fête ». Vers 20h50, une psychologue et deux officiers de la Family Welfare Protection se sont présentés au poste de police pour assister un autre mineur du “shelter” dans un autre cas d’agression.

Les policiers les ont informés de l’histoire des deux enfants admis à l’hôpital, mais les officiers ont déclaré « ne pas être au courant », précisant avoir fait le déplacement pour le cas d’agression et non pour l’affaire des deux enfants. « Nous ne pouvons prendre aucune action pour eux », ont-ils dit.

L’autre cas, pour lequel le psychologue et la Family Welfare Protection se sont déplacés, a été rapporté hier toujours à la police de La Tour Koenig. Un garçon de huit ans, interné dans ledit “shelter”, a déclaré qu’il était sur un canapé quand deux autres camarades lui ont demandé de frapper un de leurs amis, chose qu’il a refusée. Le duo l’a alors traîné dans une chambre, qu’il a fermée à clé, avant de lui asséner des coups avec un morceau de ferraille et de lui lancer une chaise au visage. Ayant subi une blessure au coude, la victime a été transportée à l’hôpital et a été placée en observation. Une enquête policière sur ce cas d’agression a été ouverte.