Les centres commerciaux de La Tour Koenig attirent des sans-emploi

Malgré les cris de détresse lancés depuis des années, la situation n’a pas changé à La Tour Kœnig, Pointe-aux-Sables. Le problème de la drogue prend, selon les habitants, chaque jour des « proportions alarmantes ». La délinquance, disent-ils, a pris de l’ampleur, notamment chez les jeunes. La drogue se vend impunément, et ce malgré la proximité du poste de police. « Bann zenn ale vini kot sant komersial enn lazourne ziska for tar dan lanwi. Bann loto pa kone kot sorti, roul vit dan landrwa. Ena bann  tranzaksion bizar ki pe pase », déplore Michael, un habitant de La Tour Kœnig depuis plus de 25 ans.

Le centre commercial de La Tour Kœnig abrite, entre autres, un supermarché, un restaurant, des magasins et un guichet automatique. Ce qui explique la raison pour laquelle, souligne Michael, cet endroit est très fréquenté. « Akoz samem pena ler pena minit bann trafik ladrog-la deroule », fait remarquer Michael, exaspéré par cette situation. Il ajoute : « Par moments, des chômeurs, qui sont sur place toute la journée, sifflent les jeunes femmes et les étudiantes qui passent devant le centre commercial. Ils n’ont aucun respect pour elles et lancent même des jurons. »

Jérémie, un autre habitant, explique que la situation devient de plus en plus tendue dans les environs du centre commercial, surtout le matin. « Des jeunes visiblement sous l’influence d’une substance quelconque n’hésitent pas à vous approcher pour vous demander de l’argent. Parfwa ena bann zenn ki apros ou pou avek enn ton menasan e lafin dimwa ou bizin fer bien atansion kan ou al tir kas dan gise MCB. Ou pa santi ou an sekirite, ou bizin get kat kote », dit-il.

Par ailleurs, Natacha, mère d’un garçon de 16 ans et d’une fille de 17 ans, est « très inquiète » pour les deux adolescents. « Comme ils sont très vulnérables et pas assez forts pour résister à toutes les tentations, j’ai peur qu’ils basculent dans l’enfer de la drogue. Ki kantite veye nou pou kapav veye ? » se demande-t-elle. Et de poursuivre : « Isi ladrog vande kot sant komersial gramatin tanto. Dipin ou pa sir ou pou gagne dan lapremidi me ladrog, sa ou sir ou pou gagne. » Elle évoque de même la disponibilité croissante du nombre de drogue synthétique qui circule autour de ce centre commercial.

Pour Gérard (prénom fictif), cette recrudescence de la drogue dans ce quartier « n’est pas sans conséquence sur l’environnement » et sur la vie des habitants de la localité. « Lorsque les jeunes sans emploi n’ont rien à faire et sont fatigués de se retrouver autour du centre commercial, ils viennent se regrouper autour d’un “pie lakol”, soit à quelques mètres des complexes résidentiels de la localité. Il leur arrive même parfois de mettre le feu à des terrains en friche en pleine journée », déplore-t-il. D’autres habitants ajoutent : « Le mois dernier, un retraité de la localité a fait les frais de cet acte qualifié de “barbarie”. Son atelier a été complètement ravagé par les flammes. Heureusement, il ne se trouvait pas dans son atelier ce jour-là. » Les dégâts sont estimés à Rs 350 000.

Si certains habitants restent optimistes, d’autres semblent « découragés » par cette situation.

En outre, Anthony (prénom fictif), père de famille et habitant dans un appartement, se plaint lui aussi de la présente situation dans le quartier. « Après l’agression mortelle qui a coûté la vie à Clency Tanoo en juin dernier ici à La Tour Kœnig, les Casernes centrales avaient réagi. L’état-major de la police avait déployé les grands moyens et diverses unités de la force policière, dont l’ADSU et la Police Dog Section, étaient mobilisées. La Tour Kœnig ti transforme an Kazern Santral. Cet exercice avait pour but de rassurer les habitants et d’instaurer un sentiment de sécurité pour les habitants », explique Anthony.

Il poursuit : « Mais que voit-on deux mois après ? La situation est redevenue comme avant. Certains individus louches ont repris de plus belle leurs activités. La drogue se vend au su et au vu de tous et un climat d’insécurité règne toujours. Li inkietan kan dimounn ne pli krwar dan lafors de lord. »

Mike, habitant lui aussi le quartier, soutient également que les habitants font face à de nombreuses complications. Partageant le même avis que ses voisins, il pointe du doigt les usines voisines, qui causeraient, selon lui, pas mal d’inconvénients, dont la fumée. « Nous gagn bokou problem avek lafime. Nou bann zanfan gagn problem pou respirer », disent les habitants, désespérés.

En juin dernier, des membres du Collectif bien-être de Pointe-aux-Sables avaient signifié leur intention de saisir les instances internationales. Ils ont aussi fait circuler une pétition contre l’installation d’une cimenterie dans la localité et se battent toujours contre la mise en place de trois nouvelles usines, soit Desbro Trading Ltd, Meshand Steel et Pipes and Products.