Je ne possède pas une cylindrée de plus de 4500cc, et généralement s’il m’arrive de prendre une grosse cuite, c’est la porcelaine qui en fait les frais. Et je ne vous parle même pas du réveil le lendemain matin et de l’estomac que seul un « Bol 10 », de bonnes boulettes noyées dans du bouillon bien pimenté peut fixer. Dans le film « Fast and Furious » (2001), Vin Diesel alias Dominic ‘dom’ Toretto lance à Brian, « Je ne vis que pour les 400 mètres d’une course, tout le reste m’est égal… car pendant ces 10 secondes… je suis libre ! ». J’ai assisté à des courses de rue à l’étranger et aujourd’hui de ma fenêtre, il m’arrive parfois de percevoir des grincements de pneus en plein milieu de la nuit, mais j’avoue qu’une course de 800 mètres sur une plage publique (bien fréquentée) en plein après-midi avec au volant un conducteur dopé au Moët, s’amusant à faire des drifts, je trouve cela plutôt… comment dire… bluffant ! En somme, de quoi être « bust » ! Qui plus est, se faire secourir pour esquiver quelques horions bien “gagnés” à la mauricienne, pour être remis par la suite en liberté sur parole (alors que la logique voudrait que tout conducteur ivre soit enfermé en cellule policière le temps qu’il récupère ses sens), avouez que cela n’a rien de comparable aux chocs thermiques tels qu’on les ressent au Nevada à la sortie d’une « maison » climatisée ! Mais de là à rétorquer à une mère qui estimait que la vie de son enfant eut été mise en danger, « Et alors ? Combien peut coûter votre enfant ! » (si on se fie à un article en ligne), je me couche. On vous offre un oasis perdu dans l’océan indien, pour vous bâtir un empire semblable au palais de César et on se permet non seulement de braver ses lois mais aussi d’être … braillard ! Pardon mais vous vous prenez pour qui ?
Voyez-vous, l’histoire de toute société est l’histoire de la lutte des classes. La société en général, la nôtre y compris, se fractionne davantage en deux camps antagoniques : la bourgeoisie et le prolétariat. On nous gonfle avec des concepts démocratiques alors que le pouvoir est détenu par une poignée de personnes – comprenez, nous reflétons beaucoup plus l’idée d’oligarchie qu’autre chose. Les élites dans cette oligarchie détiennent le pouvoir dans les grandes entreprises ou en occupant des postes clés au sein du gouvernement. Ces élites en question, qu’on ne croiserait jamais à la Foire de Cité Martial ou de Quatre Bornes, encore moins, dans une boîte de nuit « ordinaire » ou sur la plage un dimanche après-midi à faire le farniente en famille au milieu de « common people » dont certains bourrés à l’eau des sept mers, se sont construits des fiefs – genre, club select. Ce genre de personnages, il en existe chez nous mais le cas de la plage publique démontre qu’on en importe aussi. Si attirer les investisseurs étrangers est synonyme de se courber, il faudrait nous apprendre à nous protéger ! La vérité est que les individus, trop naïfs ou effrayés, ne s’organisent pas assez en des « interest groups » alors que le citoyen lambda parvient à peine à distinguer entre ceux qui possèdent la richesse et ceux qui doivent cravacher pour gagner leur vie. Du moment qu’ils arrivent à se procurer leurs trois repas de la journée, une canette de bière ou une bouteille d’eau de vie, nombreux sont ceux qui ne réalisent pas à quel point ils sont laissés sur le banc de touche.
J’aimerai adopter un point de vue néo-marxiste en évoquant le concept de « False Consciousness » – un concept qui nous invite à devenir plus conscient de ce qui nous entoure. Un concept qui nous pousse à réagir face à des situations où nos droits seraient lésés. Et pour ceux qui se creusent la tête sur le choix du titre, j’ai voulu me la jouer très « French » en m’appropriant une phrase de la chanson de la rappeuse Diam’s « Enfant du Désert ». Je vais vous dire. A voir toutes ces absurdités qui se déroulent en temps réel et sans accompagnement musical dans mon pays, j’enrage. Ils ne sont pas tous les mêmes. D’accord. Mais celui-là, je sais que je l’aurais renvoyé au pays du petit Nicolas.