La polémique enfle au sujet de la gestion d’Agalega depuis les déclarations enflammées contre l’Église catholique il y a exactement un mois. L’Outer Islands Development Corporation, gestionnaire de l’archipel, avait rencontré à la presse vendredi dernier pour donner la réplique à ses détracteurs en étalant un bilan des réalisations gouvernementales depuis 2006. Pour sa part, le comité diocésain 1er Février était au grand complet le même jour à l’évêché pour une nouvelle analyse de la situation dans l’archipel. Ce comité insiste sur l’urgence de l’élaboration d’un plan de développement global.
Les responsables de l’OIDC en ont assez des critiques qui pleuvent depuis le début de l’année sur la gestion d’Agalega. Depuis qu’il a pris ses fonctions en 2010, Jean-François Batour, président de cet organisme, rencontrait la presse pour la première fois vendredi dernier pour donner la liste de tous les projets réalisés dans les deux îles depuis que le Parti travailliste a repris le pouvoir en 2005, et pour annoncer les projets en gestation. Entouré des cadres de l’OIDC, M. Batour a dressé un bilan qu’il qualifie de « très positif ».
« Il est tout a fait faux de dire qu’Agalega est mal gérée. Mo pou expoz bann realizasion. Je suis très satisfait de ce que nous avons fait jusqu’ici », a déclaré M. Batour avant d’insister sur les réalisations de Hervé Aimée alors que celui-ci était président de l’OIDC durant la période 2006-2010. On a eu l’impression, à un certain moment, que cette conférence de presse avait pour objectif de prendre la défense du ministre Aimée et de faire oublier les remarques blessantes que ce dernier avait faites à l’égard des Agaléens et de l’Église catholique le 11 février dernier.
Sur le chapitre des réalisations depuis 2006, le président de l’OIDC a mentionné entre autres : la construction d’un Refugee Centre sur l’île du nord, qui est aussi un multicomplexe pour l’organisation d’activités à l’intention des jeunes ; la construction d’une soixantaine de maisonnettes ; l’introduction de la téléphonie mobile ; la mise en place d’un programme agricole, qui permettra à Agalega d’atteindre l’autosuffisance alimentaire ; l’introduction de l’éducation secondaire jusqu’à la Form III ; le développement du réseau électrique et l’achat de deux nouveaux générateurs. « Tou se ki nou finn fer e tou se ki nou pe fer se pou amelior lavi bann Agaleens », souligne M. Batour.
S’agissant des projets en chantier, le président de l’OIDC a annoncé l’ouverture d’une maternity ward, une des priorités de son organisme. « Les discussions avec le ministère de la Santé sur cette question ont été concluantes. Nous construirons cette année une salle de maternité et les femmes n’auront plus besoin de se rendre à Maurice pour accoucher. Nous comptons aussi doter le service de santé de nouveaux appareils, tels la X-Ray machine et l’équipement pour les échographies », a promis Jean-François Batour. Il a aussi évoqué la construction d’un centre de refuge sur l’île du sud, l’extension des classes secondaires jusqu’à la Form V et la construction de cinq nouvelles maisonnettes ainsi que l’acquisition de machines modernes afin d’augmenter la production de l’huile de coco. Il ajoute que l’OIDC songe aussi à la mise en place d’un système de production d’énergie solaire avec l’installation de plaques photovoltaïques.
À une question du Mauricien concernant la dégradation de l’environnement, qui serait très visible et que déplorent les visiteurs dans l’archipel, le président de l’OIDC a répondu qu’il n’est pas d’accord avec ce constat. « L’archipel est propre », a affirmé M. Batour. « Nous avons fait le nécessaire pour le ramassage des vieux véhicules abandonnés qui pourrissent dans la nature, et nous allons les envoyer à Maurice par le prochain voyage du Mauritius Pride. Ensuite, nous lancerons un appel d’offres pour la vente de ces vieux métaux », a indiqué Jean-François Batour. Le président de l’OIDC a aussi annoncé la réintroduction, dès le prochain voyage du Mauritius Pride, des règlements concernant la quantité de poissons et autres produits de la mer que peuvent ramener tous ceux qui reviennent d’Agalega.
« Pou ena drwa zis 10 kilo par famil », prévient Jean-François Batour, qui précise que ce règlement est valable tant pour les fonctionnaires qui sont en service dans l’archipel que pour les Agaléens qui y habitent et les visiteurs. Si le président de l’OIDC a avoué lors de cette conférence de presse qu’il a été « choqué » lui aussi par la quantité « exagérée » de poissons que ramènent à Maurice des passagers au retour d’Agalega en revanche, il a nié qu’il y aurait un trafic de poissons entre les deux îles.