POËMA ZÉPHIR

Depuis que le Covid-19 occupe nos pensées ainsi que chaque fibre de notre existence, beaucoup d’entre nous ont certainement réfléchi à ce qui se passera après. Les pires scénarios tirés de la crème des films de science-fiction hantent nos nuits sans sommeil et nous font délirer jusqu’aux petites heures du quatrième dimanche matin de la semaine. (Si vous n’avez pas ce genre de divagations nocturnes, félicitations ! Vous n’avez certainement pas de cernes) L’After Party risque d’être chaud bouillant. Mais ce qui me préoccupe encore plus que la fin des denrées alimentaires dans les supermarchés ou des patients atteints du virus, c’est bien la reprise de l’école !

Pour ceux qui pensent qu’après le confinement nous allons tous pouvoir danser la Lambada en mettant la queue près du marchand de rôtis ou en donnant des Free Hugs dans la rue, vous vous mettez le doigt dans l’œil. Donc, si nous allons subir toutes ces restrictions qui chambouleront notre quotidien, imaginez-vous maintenant ces milliers d’écoliers et d’étudiants qui reprennent le chemin de l’école ! Quand arrivera l’heure de la rentrée, Maurice serait-elle totalement hors de danger concernant ce virus ? Je vous brosse le tableau : matin et après-midi des élèves entassés comme des ‘Rasgullahs dans une petite boîte’ dans les bus scolaires ; des petits de 6 ans hyperactifs, qui ne comprennent pas qu’il ne faut pas enlever son masque pour parler à son camarade de classe. Et j’en passe. Plusieurs mesures devront être imprimées dans le cerveau de cette jeune génération qui n’est pas toujours coopérative (si déjà les anciens continuent à aller faire leurs courses quand ce n’est pas leur tour, les jeunes seront sans doute pires… Soyons pessimistes sur ce coup-ci, nous serons moins déçus par la suite).

Il faudra donc rappeler aux collégiens qu’il ne sera plus possible de partager son pain en classe et qu’il ne serait plus question de se partager enn taba à 5 personnes après les cours. Fini aussi les bisous baveux après les leçons de Maths ou les échanges de crayons entre BFF… toutes ces bouches qui suçotent le même crayon ou le même stylo… (frissons d’horreur).

Et les profs dans tout cela ? Ceux envoyés au front car c’est là qu’ils appartiennent n’est-ce pas ? Véritables soldats qui n’ont pas froid aux yeux car les fléaux ils en ont connu des tas : épidémie de conjonctivite, propagation de poux ou grippes en tout genre… Ils sont les premiers à en recevoir les coups et à aller transmettre mille et une maladies dans leur foyer. Gardons espoir que nous n’aurons pas à subir une deuxième vague de contamination lorsque nous essayerons de reprendre le cours de notre vie. Car oui, sur le plan éducatif, nous aurons encore d’autres batailles à essayer de gagner. Si les cours à distance ont déjà repris, nous sommes encore dans le doute que tout cela rapporte des fruits. Qu’allons-nous faire de ces enfants qui n’ont pu suivre correctement leurs cours durant le confinement ? Serait-il possible de continuer normalement le troisième trimestre cette année ? Et les examens ? Serait-il juste de les maintenir après tout ce qui s’est passé ? Aurons-nous une population d’incompétents qui ont eu l’esprit bloqué dans le confinement ? Qu’allons-nous devenir ?

Prions le ciel que ces mois coincés chez soi ont permis aux têtes brûlées des salles de classe, les ‘backbenchers’, de se retrouver et de reconsidérer leur chance d’avoir droit au savoir et à l’éducation. Si tel est le cas, il y aura encore de l’espoir. Sinon nous serons condamnés à faire grandir des jeunes pousses qui carburent à fortes doses de TikTok et de Challenges… Pitié Mon Dieu. Ne nous abandonnez pas.