«As regard cheating, it is clear that the evidence of Mr. Paterson falls short of establishing this element of the offence so that both Mr. S.Henry and Mr. Paterson could not establish this element of the offence», écrivent les magistrats Bissoonauth et Neerooa.
Après plus de six mois de procès et neuf mois d’attente, le jockey italien Gregori Arena peut enfin pousser un ouf de soulagement. Il peut désormais espérer reprendre ses bottes et sa cravache pour travailler  puisque vendredi, les magistrats Bissoonauth et Neerooa n’ont retenue aucune charge contre celui qui avait déclenché, le 10 août 2013, l’affaire Saziwayo. Un scandale qui a été à la base de bien d’autres scandales qui secouent encore le Mauritius Turf Club et où le jockey s’était vu retirer sa licence par le board des administrateurs du MTC après une lourde suspension des commissaires des courses.
Dans le jugement rendu vendredi, les deux Magistrats siégeant en Cour Intermédiaire ont indiqué que l’acte d’accusation contre le jockey Italien sous la section 146 (I) (e) de la Gambling Regulatory Authority Act, notamment pour «cheating» ne peut être maintenu. En effet, les magistrats ont estimé que celui qui a été présenté par la police comme un spécialiste des courses, Ian Paterson (Chief Stipe et Directeur des courses au MTC) n’a pu prouver que Gregorio Arena a “volé” cette course. «As regard cheating, it is clear that the evidence of Mr. Paterson falls short of establishing this element of the offense so that both Mr. S.Henry and Mr. Paterson could not establish this element of the offense», ont-ils dit, accordant le bénéfice du doute au jockey Italien et rayant ainsi les charges.
Une fois de plus, les dires et opinions de Ian Paterson n’ont pas pesé lourd dans la balance en dépit du fait qu’il soit le directeur des cours et le Chief stipe au Mauritius Turf Club. L’accusation, qui s’appuyait beaucoup surtout sur le témoignage de l’Australien pour prouver deux des quatre éléments des charges retenues contre Arena, notamment ceux de tricherie et “in any other manner”, a pris une râteau  dû à l’incapacité de Ian Paterson d’être convaincant dans ses propos. Les magistrats Bissoonauth et Neerooa ont d’emblée estimé que «the essential part of his evidence which relates to the present charge is to the effect that the Accused (Arena) failed to ride with the required vigor and determination to such an extent that there is an impression left that if ridden properly this horse would have won. In short,  according to him (Paterson), the Accused made no effort to join on the field and made no effort to put him in a winning position in the straight line so that it was apparent to him that the ride was suspect and should be investigated. He however conceded during cross examination that there might be a difference between a deliberate act and an error of judgment».
Le terme «cheat» n’est ?pas défini par la loi
Les premiers doutes ont été donc émis sur la capacité de Ian Paterson, en sa capacité d’expert des courses. Pourtant en raison de son expérience dans les courses, Ian Paterson peut être considéré comme un expert devant une cour de justice pour aider cette dernière à atteindre «an accurate conclusion on the ultimate issue which is whether the Accused (Arena) cheated in any other manner». Les magistrats Bissoonauth et Neerooa posent aussi la question pour savoir si Ian Paterson, en tant qu’expert de courses et ses preuves sont d’une aide à la Cour pour determiner si l’accusé “cheated in any other manner”.
Les magistrats Bissoonauth et Neerooa devaient au passage souligner que le terme “cheat” n’est pas défini et que de ce fait ils se sont appuyés sur la définition donnée dans le dictionnaire Concise Oxford Dictionary qui indique que “cheat” veut dire “agir frauduleusement”. «When the the above meaning (définition de “cheat”) is considered in light of the evidence of Mr. Paterson, we find that it cannot be safely inferred that the Accused cheated», avancent les deux magistrats. Ces derniers expliquent aussi que le témoin principal de l’accusation a beaucoup insisté “on the fact that there as an impression left that the Accused made no effort to put the horse in a winning position and this is in no circumstances tantamount the cheating and any chose to it.”
L’autre témoin de l’accusation, à savoir l’entraîneur Serge Henry qui s’est aussi présenté comme un expert de courses hippiques avec une expérience de plus de 30 ans, est venu contredire les faits avancés par Ian Paterson. «He (Serge Henry) completely contradicted the other witness for the Prosecution by stating in an ambiguous term that the Accused (Arena) did not cheat during the race course in question and to his opinion, the horse had had the best race ever.» Ce qui a fait davantage capoté les thèses avancées par Ian Paterson et poussant les magistrats à rayer les accusations contre Gregoria Area.
Contacté par Week-End pour une déclaration, le MTC a, par la voix de son communication manager, expliqué que Gregorio Arena a eu le bénéfice du doute. «La police n’avait que très peu de chance de prouver la culpabilité du jockey italien car il fallait prouver qu’il avait triché comme prévu dans le GRA Act. Il faut aussi savoir que le film de la course n’a pu être projeté en cour. Quoiqu’il en soit, le MTC s’en tient au verdict de son board des Commissaires des Courses. La monte de Gregorio Arena sur Saziwayo n’était guère judicieuse et convaincante.  Le MTC n’a pas voulu commenter davantage cette affaire car l’appel de Gregorio Arena est toujours en attente», a-t-il souligné.?