Coupable de vouloir protéger trois enfants de l’ex-Foyer Namasté ? Oui.?? Toute la direction et l’équipe thérapeutique du Centre OpenMind ont appris avec stupeur que votre ministère fait une enquête sur OpenMind. J’ai lu dans L’express du 29 mai que vous étiez agacée que j’ai alerté la presse sur cet enjeu crucial. Ces enfants ne méritaient-ils pas qu’on « speak out » pour eux ?? C’est donc un risque supplémentaire que je prends avec cette lettre ouverte mais OpenMind est en train de se battre POUR ces trois enfants et CONTRE personne, encore moins vous. ?Ayant été journaliste, vous êtes à même de comprendre que la presse est l’ultime recours quand il y a une injustice, quand les pouvoirs publics se retranchent dans l’opacité procédurière.? 
?Je vous présente les faits pour que vous ayez enfin les bonnes informations.?? Le samedi 23 mars 2013, les enfants ont commencé un processus de dénonciation d’abus sexuels et de maltraitance physique. Première démarche auprès de l’Ombudsperson for Children pour pouvoir parler à un responsable du Foyer Namasté. Le samedi 6 avril rencontre au Centre OpenMind avec la représentante du Foyer Namasté pour la confronter à ce que les enfants ont dessiné et dit. Elle révèle des faits troublants et identifie les noms dits par les enfants.? Le lundi 8 avril : Visite-surprise de deux officiers de la CDU, dans le cadre d’une enquête sur le Foyer Namasté. Ce jour-là, à aucun moment, les officiers de la CDU nous indiquent qu’un enfant d’un autre « shelter » a dénoncé un responsable du Foyer Namasté pour abus sexuels. L’échange avec eux, dont l’une est policière, est en toute confiance de notre part. Même si la dénonciation débute chez nous, nous leur remettons un rapport signalant que les enfants ont parlé d’une personne d’une autre institution. Il manquait certes des éléments mais OpenMind a quand même informé la CDU.? Avez-vous, depuis ce rapport, initié une enquête sur cette autre institution ?? Le mardi 9 avril : nous apprenons dans la presse l’arrestation de l’assistant-directeur du Foyer Namasté, résultant en la fermeture du foyer.
OpenMind s’attend à ce que la CDU reprenne contact pour renforcer son enquête. Nous essayons de contacter par téléphone la PS du ministère mais on nous dit qu’elle est en congé.? Le 15 avril, OpenMind dépose un courrier au PS de votre ministère en insistant qu’une « sudden cessation of a therapeutic programme not only has adverse effects on the psychological state of the beneficiary but also breaks the process of disclosing traumatic experiences of the Child ».?? Le 17 avril : lettre ouverte à la presse dans laquelle est expliqué le processus de dénonciation par les victimes d’abus sexuels.? Le 18 avril, pour renforcer les chances des enfants, nous écrivons à l’Ombudsperson : « who have started a disclosure process about sexual abuses with our pool of therapists and may be forced to discontinue their prise-en-charge as they have been transferred to another shelter since the closure of Foyer Namasté ».? L’Ombudsperson demande à nous rencontrer et elle agit pour que les 3 enfants retournent à OpenMind.? Le samedi 20 avril, les 3 enfants reviennent aux Ateliers du Samedi. Le constat est alarmant : grande tristesse, pleurs. Nous sommes inquiets de leur état psychologique.?
C’est après avoir contacté le PS de votre ministère et avoir donné un rapport préliminaire à la CDU que nous nous adressons à la presse. Notre Constitution nous alloue la liberté de parole et c’est dommage que vous vous agacez de ce droit fondamental du citoyen, d’une responsable d’ONG menant une bataille pour  protéger trois enfants. Qui parlera en leur nom, ces enfants « of a Lesser God », si ce n’est OpenMind elle-même ?? Le 23 avril réponse de votre ministère : notre lettre est « under consideration ».? Le 26 avril, information du nouveau « Shelter » des 3 enfants:  interdiction de les envoyer à OpenMind par une directive de votre ministère. ?Si OpenMind n’a pas « respecté la loi », quid de votre ministère,  concernant ces enfants ? Se défendre en attaquant est un procédé éculé : transférer votre responsabilité sur OpenMind est de la grosse ficelle. Non, Madame, votre produit est mal emballé.? Le 29 avril: OpenMind envoie un courrier à l’Ombudsperson : « Unfortunately, the Children did not manage to come to OpenMind the following Saturday, on the 27 April. It appears that the Minister decided otherwise and overruled your direction. »?Persistant dans nos efforts, je m’informe auprès du bureau du DPP sur les recours pour le retour des enfants aux sessions. ?Le 15 mai 2013, soit un mois après notre lettre à votre PS, OpenMind reçoit une réponse de votre ministère nous invitant à une réunion pour le 17 mai. 
A cette réunion, un partenariat (MOU) est proposé pour  » the Therapeutic Program at Openmind of children under the statutory guardianship of the Ministry – including the three children stated above ». OpenMind accepte toutes vos conditions et envoie, comme convenu, les informations requises.? Le 21 mai, OpenMind ne reçoit pas le « draft agreement », mais deux jours plus tard reçoit un mail de votre ministère demandant les qualifications et les certificats de moralité  du staff qui travaille avec les enfants et ce, pour le vendredi 24 mai. Il y a 16 personnes concernées. Cette condition ne figurait pas dans celles précisées le 17 mai.? Nous expliquons que c’est impossible en 24 heures. L’officier nous demande alors de rédiger en guise de certificats de moralité un document attestant que ce sont des personnes de confiance. Nous refusons en toute logique ! Le samedi 25 mai : les trois enfants ne viennent pas au Centre OpenMind, puisque le MOU n’a pas été signé en raison de votre demande de dernière minute du 23 mai. 
Le mardi 28 mai au Parlement, vous dites qu’OpenMind est l’objet d’une enquête de votre ministère, que nous avons fauté en disant que trois enfants ont commencé de dénoncer des abus sexuels, que nous sommes allés vers d’autres institutions — l’Ombudsperson for Children et le Bureau du DPP ne sont donc pas des adresses appropriées pour vous ? —, que nous n’arrêtons pas de demander le retour de ces enfants pour leur suivi psychologique, que nous nous permettons de parler, voire d’écrire, dans la presse… Arrêtez votre enquête, madame, nous plaidons déjà coupable de tout cela !? Nous n’avons jamais bafoué le droit de ces enfants à la confidentialité comme vous l’avez affirmé au Parlement.
Vous ne nous couperez pas la parole, madame, mais vous êtes en train de couper celle de trois enfants et de les enfermer dans un silence terrifiant.? Mais qui porte la responsabilité légale pour ces trois enfants, Madame la Ministre ? Vous.??